Publié le 20 Nov 2016 | 4 commentaires

ÊTRE, nom masculin:

  • Tout ce qui vit et, spécialement, individu d’une espèce animale ; créature : Les êtres vivants.
  • Personne, individu : La mort d’un être cher.
  • Nature profonde de quelqu’un : Il était bouleversé jusqu’au fond de l’être.

ORIGINAL, adjectif: 

  • Qui émane directement de son auteur ou de sa source, qui n’est pas une copie, une reproduction, une traduction, une refonte, etc. ; authentique : Photocopier le document original.
  • Qui se distingue du commun, qui sort de l’ordinaire : Un roman très original.
  • Qui est unique en son genre, qui ne paraît s’inspirer de rien d’antérieur : Un artiste original.
  • Se dit d’un écrit constatant un acte juridique et revêtu de la signature originale des parties.

Si on s’en tient à ces deux définitions un être ORIGINAL est donc La Nature profonde de quelqu’un qui émane directement de son auteur ou de sa source, qui n’est pas une copie, une reproduction

Tout ce que tu liras ici est véridique. Il n’y a rien d’inventé ou de romancé

(si ce n’est la toute dernière partie qui est un condensé de plusieurs personnes que je ne connais pas vraiment

(mais se connaissent-elles elles mêmes?) mais que j’ai rencontré).

JOUR: Un dimanche. LIEU: Une salle des fêtes. MOTIF: Marché de créateurs Sourire de pirate.

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Il s’arrête avec un sourire jusqu’aux oreilles. On est assis entrain de discuter avec Nac’Imagine. Il regarde nos créations et nous dit: AH VOUS  deux vous AVEZ Gardé vos coeurs d’enfant, c’est BIEN! IL est grand. Les cheveux grisonnants. Habillé comme toi et moi. Et il sourit et commence à nous parler de lui. Il a été interné il y a longtemps à cause du problème extra-terrestre. Mais CHUT. Et puis parce que le gouvernement sait qu’il est dangereux. Il a résolu des problèmes mathématiques très complexes. Il a des plaques en métal autour du cou sur lesquelles figurent des sortes de mandalas percés dans le métal, ainsi que des espèces de mots qui sonnent ésotériques. Je lui demande ce que c’est. Il m’explique qu’il a résolu des problèmes mathématiques très complexes. Que lui, il pourrait résoudre les problèmes d’énergie et qu’il a une idée d’éolienne qui fonctionnerait à l’énergie solaire et qui comprendrait un cache ce qui lui permettrait de fonctionner même s’il n’y a trop de vent. Ça ne me paraît pas insensé. Il nous quitte en me disant comment il s’appelle. Et que si j’ai besoin lui, il peut résoudre tous les problèmes. Je lui réponds que ça, c’est bon à savoir et que c’est drôlement pratique de savoir qu’il y a quelqu’un comme lui qui peut m’aider dans tous les cas.

JOUR: Un mercredi. LIEU: La cafét’ de chez Flunch. MOTIF: On n’a plus rien dans le frigo.

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ON finit notre repas (dégueulasse. C’est vraiment pas bon chez Flunch sérieux). Z&lie veut aller jouer dans l’espace dédié aux enfants. 4 m2 avec des projections de lumières au sol, ça vend du rêve. Mais bon, si Z&lie a envie. On se déplace jusqu’à une table située à côté de l’espace de jeu le temps de finir notre dessert (Un mille feuille insipide et trop sucré à la fois ce qui est quand même un challenge à réaliser) Je me mets assise. Il est à la table à côté. Il a un torchon à lui sur les genoux. Une ratiche en moins, mais il me lance un Bonjour sonore et un sourire sans dent auquel je réponds. TOP c’est parti. Je suis seul vous savez je n’ai pas de famille. J’habite à Lunéville mais là, j’ai des amis qui ont un appartement dans le Sud et un place Carnot. Alors quand ils vont dans le Sud je vais chez eux un peu, chercher le courrier, faire quelque travaux hein mais pas pour l’argent. L’argent je ne suis pas riche, mais j’ai de quoi vivre. Vous savez j’ai marié mon père en quelque sorte. Ma mère est morte quand j’étais jeune. J’ai rencontré Monique chez le fleuriste là, vous savez Monsieur Trucmuche. Elle était fille-mère en quelque sorte. Enfin pas vraiment car elle a perdu son mari quand elle était enceinte. Et j’ai dit à mon père: Tu sais Monique elle est gentille. Ils se sont mariés. Elle est vraiment gentille. Mon père est mort. Mais Monique vous voyez c’est pas de ma famille mais on s’aime bien. Elle a perdu son fils. Il était à une fête au bord d’un lac et il y a un gars d’une famille de dégénérés qu’il lui a mis un coup sur la nuque, ça l’a tué. Juste parce qu’il n’aimait pas la façon dont il était habillé. C’est triste. Monique ça l’a vraiment abattu. Dés fois on va à Strasbourg avec Monique. Mais on prend deux chambres séparées hein. Parce qu’on ne peut pas être amoureux de la femme de son père.

Je lui dit que dans la vie on fait bien comme on veut, et qu’on ne peut pas calculer de qui on va tomber amoureux.

AH mais non Madame on ne peut pas tomber amoureux de la femme de son père ni avant, ni pendant, ni après hein! Même si elle a presque mon âge. Je lui ai dit à mon pote Robert que j’étais arrivée où trop tôt ou trop tard. 

Bon ensuite, c’est parti sur Mais quand même avant les immigrés qui venaient en France c’était pour travailler. Là maintenant ils viennent profiter. Donc c’est à ce moment là dans une conversation avec un inconnu que je me positionne toujours en tant que moi. Je commence à remballer mes affaires en lui expliquant qu’à ce sujet par contre, il pourra me parler pendant des heures à aucun moment je ne serai d’accord avec lui. Qu’une vague d’immigration chasse l’autre et que je ne crois pas que les vagues d’immigrés Polonais, Italiens, Sénégalais ait été accueilli les bras ouverts même si selon lui eux au moins venaient travailler. Que c’est bien de dire que les réfugiés qui arrivent en France devraient travailler. Mais que je ne pense pas qu’on souhaite leur fournir du travail étant donné qu’on les accuserait ensuite de voler le pain des français. Bref, je veux bien être gentille et à l’écoute, mais je ne peux pas laisser pas dire n’importe quoi.

Il me dit: Vous êtes droites vous hein. Vous êtes gentille hein. Je lui précise que pas toujours. Je suis toujours surprise quand je m’oppose aux gens qui tiennent des propos racistes, homophobes, ou juste méchants et qu’ils semblent me respecter plus ensuite. Même si je leur dis que je ne suis pas DU TOUT, mais pas du tout d’accord avec eux. Comme si les autres êtres humains savaient entrapercevoir quel que soit le propos quand ils ont quelqu’un en face d’eux qui est franc.  Il finit par me demander ce que je fais. Je lui explique que j’ai un Magasin de MOTS. Il ne me croit pas. Je lui montre la photo. Il me dit : Je viendrai. Vous me reconnaîtrai? Je lui réponds que sans aucun doute et que je lui offrirai même un thé. Il ne faut pas perdre une occasion de prêcher ses valeurs. Ils ne feront jamais de moi quelqu’un de raciste ou qui jugerait les gens sur leur sexualité, mais moi je ne désespère pas de faire émerger chez eux leur humanité qui est là sans doute même si elle est parfois bien cachée. On le salue et on s’en va.

Julien lève les yeux au ciel en partant en mode Pfff n’importe quoi!  Je lui dis: QUOI? C’est ça aussi vivre avec moi. C’est mon métier ça maintenant. ECOUTER les gens. Et puis c’est ça, l’aventure pour moi. Pas besoin d’aller loin. Il suffit d’écouter le coeur des gens. Il me dit que c’est vrai qu’il sait que ça fait ça quand il est avec moi. On se sourit.

JOUR: Un vendredi. LIEU: Le Magasin de MOTS. MOTIF: C’est mon travail.

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Je discute avec Léna. Il y a des gens dans la Magasin. Une dame rentre. La soixantaine. Blonde cheveux courts. Elle se dirige vers les minis- baguettes magiques. Elle en prend une. Elle me dit C’est pour Sylvie Madame. Elle est folle Sylvie, vous savez. Je lui dis: Oh vous savez la folie c’est très relatif hein! On est tous un peu fou! Moi même je ne me considère pas tout à fait comme normal.

Ah oui mais Sylvie, Madame elle est allée en hôpital psy. Vous êtes allée en hôpital psy vous Madame? Je rigole. Je lui dis que non, mais que j’ai travaillé dix ans dans la Fonction Publique et que c’est tout de même assez proche. Je comprends que Sylvie, c’est elle. Elle paye sa baguette. Continue à s’excuser d’être là. Et en sortant elle voit un poupon qui appartenait à mes neveux et que j’ai mis au Magasin pour les enfants (vu que Z&lie repousse tous les jouets en forme d’humain. On la comprend qui aimerait s’amuser avec des êtres humains sérieusement?). Sylvie tombe en arrêt sur le mini-poupon trop mignon. Elle me dit Oh vous le vendez Madame? Ce serait pour ma petite nièce. Je lui dis Prenez le! Ça lui fera une maison d’adoption.

Autre jour. Toujours au Magasin de MOTS. Sylvie rentre s’excusant à moitié d’être là, encore une fois. Elle me dit Encore Merci pour le poupon. Elle me dit qu’elle dort avec. Que ça lui a fait chaud au coeur, mais que c’est pas normal de jouer à la poupée à 50 ans. Encore une fois, je lui dis que: Ouais bon si ça la rend heureuse, qu’est ce que ça peut faire. Elle me demande si je n’ai pas son lit à la poupée? Je lui dit que NON mais qu’elle peut toujours lui en fabriquer hein avec une boîte à chaussure. Qu’il sera même plus joli qu’un qu’elle achèterait dans le commerce. Elle me dit Justement je me suis acheté des chaussures aujourd’hui! Ah oui je vais lui fabriquer un lit. Elle me remercie encore et sort.

JOUR: Un samedi soir. LIEU: Un appartement d’amis. MOTIF: Parce qu’il paraît que ça se fait d’aller à des soirées.

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Tu rentres dans l’appartement tu l’entends déjà rigoler. Elle parle fort, fait beaucoup de bruit (pour rien). Elle se déplace beaucoup, fait beaucoup de vent. Elle rigole vraiment très fort parce qu’elle s’amuse beaucoup. Si, si je te dis quand on rigole fort comme ça c’est qu’on s’amuse beaucoup. Elle tombe sur les gens en rigolant. Plutôt les garçons. Quand tu rentres dans la pièce, elle est plutôt jolie. Elle a une chevelure magique. Elle a des chaussures avec des licornes dessus. Et des grosses boucles d’oreille. Ou un tee shirt avec un message décalé. Ou un chemisier ananas. Une jupe rose fluo avec un chemisier en soie doré. Enfin tu vois ce que je veux dire. Et ne t’excite pas je n’ai pas dit que tous les gens qui portent des chemisiers ANANAS sont comme ça. Tu la connais aussi. Elle parle à tout le monde et à personne en même temps. Parce que tu sens bien que si elle arrête de bouger elle s’écroulera comme un poupée de chiffon toute chiffonnée. Sans raison aucune tu te retrouves quand même avec elle en aparté. Dans la cuisine ou au moment de fumer une clope. Et là, elle t’explique: Nan mais parce que tu sais moi je suis fofolle un. Je suis un peu barge tu vois je fais des trucs complètement décalé. Depuis le lycée déjà je mettais mes pieds sur la table en cours et tout tu vois! Moi tu vois j’adore les licornes je suis un peu barrée. MOI MOI MOI. Regarde comme je ne suis pas comme tout le monde. Mais siiiiiiiiiiiiiiii REGARDE MOI. REGARDE. moi je suis vraiment la fille dont on se souvient, tu vois.

 

NON en fait je ne vois pas.

 

CONCLUSION:

Plus ça va, plus je me sens rassurée et en sécurité avec les gens FOUS. Sincèrement, totalement ou légèrement mais positivement FOUS. Un peu tordus, décalés. Les gens qui n’ont pas eu d’autre choix que de cultiver ce qu’ils sont. Même si ce qu’ils sont, ça ne se fait pas.

06 décembre 16

Quand j’étais au lycée j’étais en section Arts plastiques. DONC je me devais d’être ORIGINALE. tu vois c’était complètement pas naturel. On attendait des L-ARTS PLASTIQUES qu’ils se fassent remarquer. Et moi jeune et pleine d’entrain j’ai pensé pendant longtemps que pour être décalée, il suffisait de s’habiller pas comme tout le monde. Et puis j’ai grandit. J’ai rencontré des gens en pull bleu marine et pantalon de velours qui avait des constellations de nouveautés dans la tête et dans les mains. J’ai rencontré des Grands mères en blouse qui tenaient des propos révolutionnaires et complètement décalés. Et j’ai compris que ce qui fait ton originalité ne se voit pas au premier regard. Enfin pas forcément. Et aussi que si quelqu’un a besoin de le dire aussi fort à quel POINT il est ORIGINAL c’est peut-être parce qu’il n’a pas tout à fait pris le temps de le développer en lui.

Ensuite j’ai travaillé 10 ans dans la Fonction Publique. Et là j’ai fait l’expérience de la FOLIE ORDINAIRE. De la NORMOPATHIE. En psychodynamique, la normopathie désigne la tendance à se conformer excessivement à des normes sociales de comportement sans parvenir à exprimer sa propre subjectivité. Et de ce que ça implique chez un groupe d’êtres humains. Se mettant à dysfonctionner dans un système qui cautionne ça et leur explique que SI SI ça va. Tu peux traiter les gens comme de la merde. C’est pas grave, c’est la société qui est comme ça autant s’y faire. Et puis tu sais tu as déjà de la chance d’avoir un salaire le mieux ce serait que tu te taises si tu veux le garder.

Alors que tout est là. Il ne s’agit pas de développement personnel NON. Il s’agit de dépouillement personnel. Il faut laisser tomber les règles, les choses qu’on nous a dites sur nous. Ce que nos parents, nos amis nous collent comme étiquette pour aller vers ce qui fait qu’on se sent bien, JUSTE, DROIT. En dépit de ce que ça fait aux autres. Dans une optique de GRANDISSANCE comme dit Nac’Imagine. Evidemment être soi en détruisant les autres ne peut pas être logique, ni bon pour qui que ce soit. Mais la bonne nouvelle c’est qu’on a le DROIT d’ÊTRE SOI. C’est même vivement recommandé si tu veux vivre le temps qui t’es imparti en toute félicité.

Il suffit de deux mots pour ça. UN à avoir & un à enlever: 

SINCÉRITÉ on les garde et on range bien au chaud

LA PEUR on l’enlève. Elle ne fait que freiner ton parcours vers la meilleure version de toi-même.

Voilà alors je te l’accorde je n’ai aucune légitimité autre pour te dire ça, que celle que je m’accorde à la faire. J’ai juste la prétention de penser que comme je suis sur cette route, je peux toujours marcher à côté de toi et te dire ce que je vois. & si ça ne te plaît pas tu sais hein! Tu as le droit de ne pas me lire. Sauf si c’est pour le plaisir de me détester. Ça je comprends il y a quelques blogs que je lis juste parce que les auteurs m’horripilent et que ça me permet de canaliser mes sentiments moches dans un endroit où ça ne peut pas blesser.

 

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