Publié le 24 Mar 2017 | 10 commentaires

Je voudrais commencer cette note par cette vidéo.

C’est calme au Magasin. On est vendredi. C’est le début d’après midi. Ma meilleure amie est passée. On a discuté de nos émotions. Sans se battre contre. Une fille est venue aussi. Une maîtresse exploratrice du Merveilleux. Elle a vu un post sur Facebook, hier où j’encourageais les gens à parler du Magasin de MOTS sur leur page. Pour faire connaître le Magasin. Pour que ceux qui en aurait besoin aient la possibilité de savoir qu’il existe. Et aussi pour faire de la pub, je ne vais pas te mentir. Ce serait con de commencer à te mentir aujourd’hui, faut avouer. Parce qu’un lieu comme le Magasin de MOTS existe ( et continuera d’exister) parce que des gens votent pour lui, avec leur argent. Le début d’année est compliqué financièrement. Et c’est un doux euphémisme. J’ai fait des choix encore une fois. Des choix risqués. Comme arrêter les commandes qui me rapportaient financièrement. Arrêter aussi les ateliers bien payés, mais où on me demandait parfois de faire mon minimum. Des ateliers commandés par de grosses institutions qui mettaient parfois 6 mois à me payer.

Alors j’ai décidé de dire Non à ces propositions, pour me consacrer à ce que j’ai vraiment à dire.

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Le truc c’est que jusqu’ici j’ai travaillé intuitivement. Ce que je veux dire avec mon travail, je ne le sais pas vraiment. Enfin pas exactement. Mais ça prend forme tranquillement. En regardant cette vidéo de Vianney. Et celle-ci de Féfé:

j’ai mis le doigt sur quelque chose qui m’intéresse plus que tout. LA FAILLE. LA BRISURE. Je ne sais pas comment. Ni ce que je vais en faire, mais c’est ça qui me met les larmes aux yeux. C’est ça qui m’émeut. C’est ça qui m’a fait aimer les hommes. Aimer les autres êtres humains. C’est ce que je cherche sous le vernis. Pas pour m’en servir et avoir un angle d’attaque de la personne en face de moi. Non. Juste pour comprendre.

Être fêlé c’est ça qui nous rend plus beau. Ce sont ces moments où on a été brisé qui font de nous ce qu’on est. Quand tu cherches bien sous les grandes œuvres, les plus beaux parcours il y a très souvent un chagrin d’écolier. Une blessure d’enfance. Un amour brisé. C’est ce qui fait qu’on est HUMAINS & c’est ce qui nous rappellent sans cesse à notre humanité. La question est d’en faire quelque chose de beau. Tu connais sans doute cette façon de réparer les objets brisés qu’ont les  Japonais?

Ils coulent de l’or dedans pour les recoller.

& je crois que c’est ce que je veux faire un peu chaque jour avec mes objets. C’est assez diffus comme idée mais je crois que je tiens l’idée par le bout de son nez.

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Depuis trois mois la peur de me planter m’a poussé à chercher désespérément des recettes pour réussir. AH AH. Ouais je sais. Ne dis rien.

ça arrive à tout le monde de se planter. C’est même je crois la seule condition pour pousser.

Alors depuis lundi j’ai décidé de continuer à faire ce qui me fait du bien. Faire ce que je veux, quand je veux. Sans calcul. Sans réfléchir. Aujourd’hui par exemple j’aurais dû te poster cette note de la BOX 3 du Magasin de MOTS que je repousse depuis deux semaines parce que je n’ai pas envie de faire ça. Me servir de mon blog pour t’encourager à acheter ce que je fais tout le temps. Même si effectivement il est le lien entre toi & mon atelier. Et que je vends ce que je fabrique il ne faut pas se leurrer.

Mais tu es une grande fille si tu as besoin de SEMER de la MAGIE tu sais ou la trouver. & je sais que tu sais qu’en achetant ce que je fais tu ne fais pas que CON-SOMMER. En achetant mes créations tu votes pour une certaine idée de la société. un monde où un Magasin qui vend du RIEN, de l’INUTILE INDISPENSABLE va et peu marcher.

La Boîte pour offrir rien

Et comme le Magasin de MOTS fait bien les choses,il vient de m’envoyer une réponse à ma question.:

Pourquoi je fais ce que je fais?

J’avais demandé un signe ( à Allah, Buddha, L’Univers enfin à qui voudrait bien s’en occuper) qui me dise que je fais bien de continuer. Et il est arrivé aujourd’hui, sous la forme d’une jolie jeune femme. Discrète. Presque réservée. Elle a fait le tour du Magasin en silence. Calmement. & quand elle est arrivée au comptoir pour payer sa carte Suis tes rêves ils connaissent le chemin, on a discuté. Elle est une exploratrice du Merveilleux en accompagnement à la parentalité. Et elle m’a dit que ça la touchait beaucoup le Magasin. Ce que j’y fais. Je l’ai remercié chaleureusement. Comme tous les gens qui témoignent du fait que je  leur fais du bien. C’est grâce à eux, que je continue pas après pas en ce moment. Je ne dis pas que je suis sur le point de tout lâcher hein. Je dis juste qu’il y a un endroit sur ce chemin là (le tien, le mien et rien d’autre) ou tu perds le sens de ce que tu fais et de pourquoi tu le fais. Ce dont je te parlais au début. La question lancinante que je me pose en ce moment:

Quel problème je résous pour les gens? & comment je le fais?

Parce que les raisons pour lesquelles j’ai construit mon projet n’ont plus lieu d’être aujourd’hui. Je l’ai pensé et imaginé pour me libérer d’un carcan. J’ai inventé le Magasin de MOTS pour RESPIRER.

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Mais ça y est. J’ai pris un bon bol d’air maintenant. Il est temps que je comprenne ce que j’y fais. Quel sens ça a d’avoir créé un lieu comme celui-là. & pour qui, pour quoi? Je sais empiriquement ce que je fais. Je vois qu’il fait du bien ce Magasin. & la jeune femme de tout à l’heure m’a dit:

Je peux répondre pour moi en tout cas. Ce Magasin et ce que vous faites il me dit que c’est possible.

Alors comme c’est sa réponse et que j’aime bien aller au fond des choses ce soir j’aurais besoin de la tienne?

A quoi ça sert ce que je fais? & pourquoi et comment continuer pour transformer un projet en forme de pied de nez et lui offrir une pérennité? Laisse moi ta réponse en commentaire.

Ça me sera d’une grande aide. MERCI à toi du temps que tu m’as consacré.