Publié le 17 Mai 2014 | 2 commentaires

[Je préfère te prévenir cette note va être dépourvue de toute objectivité, y aura même peut-être un peu de gnagnan dedans]

Il y a une chose en laquelle je crois profondément. C’est que nous sommes tous égaux mais qu’il y en a qui sont plus GRANDS. Pas parce qu’ils ont de l’argent. Plus GRANDS parce qu’à un moment ils ont décidé d’être qui il sont profondément. Il y a peu de gens que j’admire vraiment. Parmi ces gens il y a:  Philippe Jaenada.

philippe janeada

J’ai été amoureuse, deux fois dans ma vie. VRAIMENT, je veux dire. La première, s’est mal finie. La deuxième durera toujours.Le premier garçon m’a déchiré le coeur. Je n’ai jamais plus été pareille après lui, et c’est tant mieux au fond. Même si en larme,  et en manque de lui sur le sol de mon appartement, je n’aurais pas parié sur le fait que je dirais ça un jour. On s’est aimés, on s’est quittés. On était comme l’huile et l’eau. Je ne t’explique pas. C’est l’éternelle histoire des gens qui voudraient s’aimer, mais n’y arrivent pas. On avait commencé notre histoire autour d’un livre de David Lodge Pensées secrètes.

David lodge

Une fois notre histoire terminée – enfin, une fois notre histoire ensemble achevée – nous avons continué à nous parler par mail. Comme au début de notre histoire. Moins, mais ça arrivait. Un jour dans un de ces mails, il m’a écrit:

Dans la série: je veux partager,on m’a fait découvrir un écrivain français hilarant(c’est rare) : Philippe Jaenada. 4 livres excellents. Un plutôt érotico-comique (Néfertiti…), 1 plutôt polar comique et 2 autres tout aussi marrants.Là aussi je conseille mais tu connais peut être déjà. Si tu les lis ou si tu connais, dis moi ce que tu en penses.

Je ne connaissais pas. J’ai  emprunté un de ses livres. Le premier.  Le chameau sauvage . Je l’ai emprunté. Comme quand quelqu’un que tu as aimé et que tu aimes encore te conseille un livre. En me demandant ce qu’il voulait me dire avec ce livre, et avec cet auteur? Et après, j’ai ris. Beaucoup ris. Physiquement, j’ai gloussé en le lisant. Et puis j’ai pleuré, physiquement aussi. Ça peut paraître idiot. Mais un auteur, qui avec ses mots arrivent à te faire réagir physiquement et bien moi je le range dans MA catégorie des GRANDS.

Et puis, la vie. J’ai lu tout ce qu’il a écrit.

Je pense que personne ne vaut mieux qu’un autre. Je pense qu’il n’y pas de gradation dans la façon d’être un être humain. Je pense qu’il y a des gens, qui pour des raisons X ou Y ne développent pas le potentiel d’être humain qui leur est imparti et je pense que d’autres si. Et j’ai décidé que ces gens là, je voulais les rencontrer. Et que rien ne m’en empêcherait. Par chance dans mon métier de la vraie vie (en opposition au métier de mes rêveries, tu me suis?) je suis bibliothécaire. Et quand on est bibliothécaire, une de nos missions (Oui, tu as bien lu c’est comme ça qu’on dit) c’est de parler des auteurs qu’on aime et de diffuser leur travail.  Philippe Janeada, je l’avais croisé à une rencontre au Centre Pénitentiaire avec lequel je travaille.  Je l’ai aimé aussi vite, que j’ai aimé ses livres. Je lui ai demandé s’il viendrait parler de son livre à nos lecteurs à la Médiathèque. Il a dit: Oui  je viendrai.

Il est venu hier. J’ai passé la journée avec lui.

Et ce matin, j’ai rêvé. J’ai rêvé qu’avant de se quitter, il m’emmenait au pied d’un talus très raide. Sur ce talus, un passage tracé dans l’herbe. On est monté en haut du talus. Et là, on surplombait  toute la ville. La ville était grise. Les voitures roulaient vites.Un camion rouge est passé. Il y avait de la pollution. Ce qu’il me montrait n’était pas plus beau. Il m’offrait juste un autre point de vue. Et je ressentais de la reconnaissance.

A la fin de mon rêve, on trinquait avec chacun une cerise de la même couleur  rouge que le camion dans la main.

Tu sais comme moi que l’interprétation des rêves ne vaut que pour ce qu’on en retire.

Je retiens que j’ai rencontré quelqu’un de riche. Quelqu’un de dense. Quelqu’un qui, en une journée à réussi à me faire réfléchir et bouger quelques idées. Pas quelqu’un de parfait. Juste quelqu’un qui EST.

Je préfère te le dire quand j’aime, j’aime complétement et pour toujours. Cette journée avec Philippe Janeada, je la range dans mon cabinet de curiosités. Je l’emballe dans un papier de soie. Et je sais, que j’aurai toujours la possibilité d’aller le soulever pour retrouver l’importance et l’intérêt qu’aura eu cette journée.

Et toi si tu ne l’as jamais lu et bien tu as beaucoup de chance, car il te reste tout à découvrir de lui.

Tu le connnaissais? Et si oui c’est  lequel ton préféré?