Publié le 1 Juin 2018 | 5 commentaires

Il fallait quand même que je t’avoue ce truc.  Ca fait un moment qu’on se côtoie toi & moi, et je ne te l’ai jamais dit. Pas parce que j’avais honte (ça fait longtemps que je l’ai quitté, celle-ci), juste que je n’y ai jamais pensé.

Ce week-end, j’ai participé aux Puces typos #8. C’était assez intéressant. J’ai rencontré pas mal de gens qui font des trucs de foufous avec leurs têtes et leurs mains.

Lui,  par exemple, il a recopié les 25 premiers lignes de différents romans et ensuite il n’en a gardé que la ponctuation. Pour voir, la façon dont chaque auteur s’en empare. Le résultat est édifiant.

IMG_1066

 

 

Objets subjectifs

EUX, ils sont en école d’ingénieurs. & quand ils ont découvert dans des vieux bouqins la technique de l’impression TYPO, ils sont allés dans le FAB LAB de leur école pour essayer de trouver une version LIGHT du procédé. et ils ont trouvé.

IMG_1064

C’est MALIN, Ingénieux et fort pratique. Ce n’est pas encore commercialisé, mais j’espère sincérement pour eux et pour nous qu’ils iront au bout de leur projet.

IMG_1062

 

& puis il y avait LUI, qui s’amuse avec des caractères en PLOMB & en BOIS, comme il dit.

Même technique, autre univers. L’impression TYPO C’est un champ infini de possibilités.

IMG_1050

 

IMG_1056

 

IMG_1054

Mais au delà des ces chouettes rencontres,  j’ai eu un vague sentiment d’inconfort. J’avais un peu regardé avant, qui avait participé aux Editions précédentes, et j’avais vu des gens dont je connais le travail de loin, parce que leur utilisation des MOTS, m’intéresse moyennement. Du coup, je me demandais si j’avais ma place là-bas.

Mais comme je préfère toujours me faire ma propre idée. J’y suis quand même allée, et si ma réponse après coup est mitigée,  le bilan est quand même positif. Mais pas que.

C’était une bonne journée.

Surtout que certaines d’entre toi, ont fait le chemin pour venir me rencontrer. & rien que pour ça, ça valait le coup de m’être déplacée.

MAIS il m’est arrivé un truc que j’avais déjà noté, dans d’autres endroits. Ou devant d’autres sites internet. Devant certaines publications aussi. J’ai été prise d’une sorte de fou rire. Comme je suis semi-bien élevée (c’est comme bien élevée, mais à moitié), j’ai eu un fou rire intérieur. Ce qui est une gageur. Pas que je me moquais hein. Je  me moquais surtout de MOI.  Parce que devant certaines formes d’utilisation des MOTS, ou certaines formes de poésie, je me retrouve comme Joey dans Friends quand il essaye de faire le gars qui réfléchit.

Joey réfléchit

Il calcule dans sa tête 468 x 632. Et ça lui donne un air concentré. Et bin moi, devant la POESIE, que ses créateurs qualifient eux-mêmes de contemporaines, moi je ne comprends RIEN.

& je n’ai pas dit que c’est INCOMPREHENSIBLE. J’ai dis:

JE NE COMPRENDS RIEN.

Mon cerveau à moi, il reste fermé à ça.

Pourtant, j’ai un bon bagage universitaire (ce qui, je te l’accorde ne garantit rien, au point de vue intelligence) mais, qui est quand même le signe, que j’ai mis en place quelques OUTILS de compréhension et d’apprentissage à propos du monde qui m’entoure.

J’ai eu une conversation, il y a peu, au Magasin de MOTS, avec quelqu’un dont le travail est de faire la promotion de la poésie contemporaine.

Elle a poussé un : OH NON, PAS ENCORE LUI, quand elle a lu ce panneau que j’ai fabriqué à partir d’une conférence de Jean-Pierre Siméon, dont je t’ai déjà parlé.

IMG_0311

& que je te remets ici, parce que j’imagine, que tu as fait autre chose depuis. Mais moi, cette conférence elle m’a sauvé la VIE, (rien que ça) un jour où j’étais sur le point d’arrêter de faire ce que je fais terrasser par l’absurdité de faire exister un lieu comme le MAGASIN de MOTS, aujourd’hui. A l’heure CONTEMPORAINE quoi :-)

Comme je ne fais plus semblant de ne pas être qui je suis, je lui ai demandé pourquoi ce cri? & je lui ai dit que c’était tiré de la conférence de Jean-Pierre Siméon. Elle a dit :

OH oui justement. Il est partout lui. & je n’aime pas. C’est trop pédagogique, trop didactique. Et puis il ne parle que des poètes morts.

Trop pédagogique? Trop didactique? Et alors? Je trouve ça bien moi, de rendre la poésie accessible et de ne pas faire penser aux gens que, parce qu’ils ne comprennent rien, c’est INTELLIGENT.

Plus tard dans la conversation, elle a évoqué LA BONNE POESIE. & là, comme j’ai des références SOLIDES, je lui ai parlé de ce sketch des INCONNUS sur le BON CHASSEUR & le MAUVAIS CHASSEUR.

& je lui ai dis que pour moi LA BONNE POESIE et LA MAUVAISE POESIE, c’était pareil que dans ce sketch, une question à la CON. Qui peut estimer que quelque chose est de la BONNE poésie, sérieux? Elle m’a fortement invité à venir à un événement qu’ils organisait pas loin du Magasin de MOTS, afin de me faire découvrir ce dont elle parlait. Et j’avoue, je n’y suis pas allée. Même sans cette conversation, c’est typiquement le genre d’événement (déjà quand ça s’appelle un événement, j’y vais en tremblant) que je fuis à toutes jambes. Déjà qu’il me faut des MOTIVATIONS de plus en plus profondes, pour envisager de sortir de mon MAGASIN de MOTS et de chez moi. MAIS en plus, si c’est pour aller assister à un TRUC AUQUEL je ne comprends rien, tu peux être sûre que la possibilité que j’y sois est proche de zéro. & puis pourquoi il faut que je me déplace, pour VOIR la poésie, alors qu’on est là, à discuter elle, ces deux auteurs qui sont avec elle & moi? La poésie, elle devrait être là. MAINTENANT. Pas tout à l’heure dans une salle, assis bien sagement. & ne me fais pas dire ce que jen’ai pas dit, jene dis pas que ce n’est pas de la BONNE poésie leur façon de la faire.

Je dis juste queje NE COMPRENDS PAS.

Je sais que ça fait de moi, pour ces gens là, une ignarde. Mais moi quand tu m’expliques en me prenant de haut, je comprends encore moins. J’ai ouïe dire aussi que de leur point de vue, je suis vénale puisque je VENDS des MOTS, qui sont à tout le monde. Si, si je t’assure, je ne paranoïaque pas. Il y a toujours des gens pour te rapporter les choses qui ont été dites, dans ce sens là. Ou en tout cas, l’idée que les MOTS, ça ne se vend pas. & que LA VRAIE POESIE, c’est pas ça. Pas ce que je fais, pas de cette façon là.  Mais moi, faire partie d’un tout petit monde où on se comprend entre soi, ça ne m’interesse pas. Quand je travaillais à la Médiathèque, on travaillait en partenariat avec un endroit qui faisait la promotion des musiques Nouvelles. & j’ai du assister à un certain nombre d’événements (encore) organisés PAR & POUR ces gens là. Parce que parlons peu, parlons bien, à part les 4 jeunes qui traînaient en permanence à la Médiathèque, plutôt que de rester chez eux enfermés, la plupart du temps, les seuls gens qui assistaient à ça, c’étaient les organisateurs et les autres participants de l’événement. MOI,je n’y comprenais RIEN.

Ni avec ma tête, ni avec mon coeur.

& pourtant, je suis la première à penser que pour changer le monde, il faut amener des choses nouvelles. des Formes Nouvelles. & peut-être, c’est que font ces gens là? Mais dans ce cas j’avoue, c’est trop précurseur pour moi.

& je n’ai pas dit que c’était TOUT POURRI & que ça puait l’ENNUI (nan, je ne l’ai pas dit). J’ai juste dit que ces trucs là,

ça ne ME PARLE PAS.

MAIS, PAS DU TOUT.

Alors, J’AVOUE,  je ne sais pas ce qu’est la poésie. Alors, quand je ne sais pas je cherche dans le dictionnaire.

Définition Poési seule

Pendant très très longtemps, j’ai rangé le rayon 840 de la Médiathèque, (rayon Poésie dans la classification Dewey. Tu savais que grâce à cette classification, dans les Médiathèques, tu retrouveras toujours tous les livres sur les sujets que tu aimes, classés tous de la même façon?) en me disant que décidément ces livres là, étaient assez peu empruntés et pas du tout abîmés.

Pendant très longtemps, j’ai dis:

MOI, LA poésie, je n’y comprends rien.

& puis un jour, j’ai fabriqué des trucs que j’ai qualifié d’OBJETS POETIQUES. Sans rien  demander à personne. Sans chercher à me faire valider par qui que ce soit. Parce que ça, OUI,  je comprenais. La POESIE mise en OBJET. Des OBJETS, pas compliqués. Des OBJETS qui parlent d’enfance, & de regarder le monde qui nous entoure avec émerveillement.

& petit à petit, grâce à des rencontres, des LIVRES, des conseils de LECTURE, grâce à des gens que je rencontre grâce à ces objets,  j’ai commencé à me dire, que peut-être, il y avait une forme de poésie que je pouvais essayer de comprendre. & j’ai commencé à lire de la poésie? Un peu. Comme on va au restaurant gastronomique. Mais je ne vais pas te faire croire que j’y rentre facilement.

Mais bizarrement, dés qu’on accole, le mot CONTEMPORAIN, au mot poésie, je sens comme une forme d’ennui qui naît. Biensûr qu’elle est CONTEMPORAINE cette poésie, puisqu’elle est écrite, ICI & MAINTENANT.

Mais est-ce que le fait,  qu’une partie de ces poétes contemporains la rendent incompréhensible, & présument de la capacité des gens à y accéder, est forcément le signe qu’elle est faite par des gens intelligents? & puis c’est quoi INTELLIGENT, si ça ne sert pas à mieux se parler? Pour moi, ( & ça n’est que MON avis) la seule poésie qui vaille, c’est celle qui te fait GRANDIR. Celle qui te fait VIBRER. Celle qui parle à ton COEUR. C’est quelques MOTS, qui réveillent quelque chose chez toi de l’ordre du merveilleux. Ou qui t’aident à voir les choses qui t’entourent autrement. Déjà au lycée, je me demandais, si ce que la prof nous disait de ce qu’avait voulu dire le poéte était vrai? Tu me suis? Je trouvais que c’était un peu ambitieux de vouloir décortiquer et donner un sens à des choses qui en avait déjà. & en disant ça, je me contredis, puisque je dis depuis tout à l’heure qu’il faut nous expliquer, pour qu’on ne passe pas à côté.

Du coup, c’est peut-être pas tout à fait ça.

C’est pas qu’il faut nous expliquer. c’est qu’on devrait comprendre.

Définition Poéte

& tu vois, je crois qu’en fait, si je ne comprends pas, c’est parce que je ne partage pas cette vision là. Je ne crois pas qu’il faille avoir fait X années d’études littéraires, pour être un poète. Je crois même qu’autant d’années à apprendre à décortiquer les MOTS, à s’interesser à leur structure, à analyser le sens,  ça peut totalement t’en éloigner. MOI, je crois à la version 3 de cette définition là. & je crois même pire que ça. Je crois que c’est, parce qu’on manquera de réalisme, qu’un jour on y arrivera. Parce que la réalisme, on voit bien TOI & MOI, ce que ça a donné comme société. Alors je crois qu’on a tous un poète au fond du coeur qui ne demande qu’à dire ce qu’il a, à dire. Sans se préoccuper de savoir si c’est dit dans les régles. Des poètes, j’en ai rencontré plein. SAUF que la différence avec les gens qui se qualifient eux-même de poètes, c’est que ces gens là, la poésie, il la font sans même savoir qu’ils en font. Il ne lui donne pas de nom.

Ils vivent la poésie.

Il y a celui qui fabrique des rameurs perpétuels.

Il y a celle qui met des fleurs dans ses cheveux pour faire une accroche de couleur pour les yeux.

Il y a celui qui rafistole des coeurs.

Il y a celui qui a construit un lieu complétement fou, pour faire rêver les gens.

Il y a celle qui fait une femme qui pleure sans s’arrêter.

Il y a ceux qui se sont dit un jour: Vas-y, viens on fabrique un éléphant géant!

Celle qui se sert des mots, pour se raconter et raconter en même temps, le monde dans lequel on est.

& il y a tout ceux qui n’ont pas d’existence sur le web, mais qui fabriquent de la poésie, qui ne s’appelle pas comme ça. Les jardiniers, les cuisinières, les street artistes…Tout ceux qui font des trucs, que je ne saurais pas nommer, mais qui te ramène ICI & MAINTENANT, par un geste, UN MOT, sans te déséspérer, en ré-inventant le monde pour te le faire aimer.

Ceux qui font ce quefait ce gars là:

& comme les MOTS dans ce petit film sur le Poéte Ferrailleur, le disent mieux que moi, je vais te laisser regarder ça.