Publié le 18 Déc 2015 | 3 commentaires

Il y a un thème qui m’intéresse beaucoup dans la vie c’est celui de LA ou DES ruptures.

Quand je vois quelqu’un se mentir ou se reposer dans une VIE qui n’est pas la sienne mais y rester par paresse/peur/fainéantise je me demande toujours quel sera son MOMENT de RUPTURE. Je crois très fort au fait que quand tu ne suis pas TON propre CHEMIN la VIE t’envoie des signaux plus ou moins forts. On a tous entendu ou lu cette histoire d’une personne qui s’enfonçait dans une VIE qui ne lui correspondait plus et qui suite à un accident/ à des changements inattendus ou à un petit évènement qui venait bouleverser le cours des choses se retrouvait à devoir revoir toute sa copie.

Et ça me fascine à chaque fois. Je te l’ai déjà raconté ici, je suis littéralement fascinée par  les LIVRES/FILMS/GENS qui racontent un CHANGEMENT de VIE. Il y a selon moi (Gaëlle Chauveaux, ni sociologue, ni psychologue, ni philosophe juste Gaëlle Chauveaux, Marchande de Mots) deux origines à ces changements de vie. Il y a le CHANGEMENT de VIE choisi par les gens qui sont à l’écoute d’eux même, de leurs envies, de leurs sensations & puis le CHANGEMENT de VIE subit qui arrive après un moment de RUPTURE.

Coeur de secours

Il n’y a de mon point de vue pas de BONNE ou MAUVAISE raison de changer de vie. Je note seulement que le CHANGEMENT de VIE choisi et moins violent que le CHANGEMENT de VIE subit. Parce que celui là, on l’avait préparé. Moi je l’ai préparé de bien des manières, j’ai mis trois ans mais nous y voici. Et la GRIOTTE sur le Mille-feuille de ma préparation, c’est ce livre que Léa le LUTIN du Magasin m’a prêté!

Changer d'altitude

Ce livre m’a beaucoup parlé. Il est arrivé au bon moment dans ma vie. Dans ce livre, il y a un chapitre sur LES CRISES. Bertrand PICCARD y donne l’étymologie du MOT: crise. Chez les Grecs anciens, le mot krisis signifiait la décision.

A quoi servent les crises?

Dans le cours des vents de la vie, nous avons toujours la possibilité de décider à quelle altitude nous désirons vivre la suite de notre existence. Mais le faisons-nous vraiment? Avons-nous des raisons de changer quelque chose à nos habitudes si nous n’y sommes pas contraints? Dans ce contexte, les turbulences peuvent aussi bien nous détruire que nous obliger à évoluer. A nous de nous demander chaque fois que notre univers bascule quelle est la nouvelle ressource que la crise nous oblige à développer.

Je t’ai relevé quelques phrases dans ce chapitre qui m’ont particulièrement parlé.

J’ai longuement décrit jusqu’ici la construction de notre équilibre personnel ou collectif, à travers la recherche de repères, l’acquisition de convictions, la mise en place d’habitudes. Pour la plupart d’entre nous qu’il soit satisfaisant ou non, cet équilibre existe. Il nous permet de tenir debout, de vivre au quotidien de fonctionner dans les limites de barrières de sécurité que nous avons bâties. Tout cela s’est fait progressivement, de façon naturelle, et nous n’avons pas de raisons de suspecter qu’il existe d’autres manière de vivre et de penser.

 

Enfin ça, c’est ce qu’il dit. De mon point de vue si, il y a des raisons de le suspecter! Pas objectives, mais pourtant bien présentes si tu es à l’écoute de ton corps et de tes sensations. Dans mon cas, ça a pris différentes formes selon les moments de ma vie et les choses dont je devais me délester. Crises de spasmophilie (étymologiquement: qui aime les spasmes LOL), démangeaisons, impression de poids sur le sternum, espèce de mal-être généralisé, agressivité, tristesse, crise de panique. Tu as beau te justifier à tes propres yeux et aux yeux des autres il y a ces petits signes qui ne trompent pas.

Que va-t-il maintenant se passer si un évènement imprévu attaque le système? Une agression contre nos croyances, un accident, une maladie, un deuil, un licenciement, un divorce etc. bref une rafale des vents de la vie. Ce système va-t-il s’effondrer? Lui oui, mais nous pas nécessairement.

Enfin si peut-être, mais seulement pour un moment. Ensuite la VIE va reprendre ses droits ou tu vas décider de lui redonner. Je me revois à terre (littéralement) après LA rupture. Mais si, tu sais de laquelle je parle. Celle qui t’oblige à quitter quelqu’un dont tu es profondément amoureuse. Parce que pas au clair dans ta VIE, tu n’as pas décidé mais tu es tombée AMOUREUSE de cette personne distante et qui ne s’aime tellement pas, qu’à aucun moment elle ne peut admettre que toi tu le fasses! AH tu vois de quoi je parle!

Tampon Gravé main Par amour

Et bien à ce moment là, j’ai décidé de VIVRE. Avec tout ce que ça impliquait. Je me suis dit comme ça: Bon maintenant tu as mal. Vraiment très, très, très mal. Un peu comme si on t’avait amputé sans anesthésie et qu’on avait cautérisé la plaie avec du Rhum. Alors voilà, sois tu décides de ne plus rien vivre. Et alors tu ne vivras plus rien. Ni en bien, ni en mal. Sois tu te relèves. Tu vas en chier, mais sûrement (même si sur le moment tu ne jurerais pas du tout que ça va être le cas) qu’après tu vivras d’autres moments aussi bien, voir mieux. Bon, même si dans ce moment là, tu réponds à ta petite voix : Et mon CUL c’est du poulet, au fond de moi quelque chose dont je ne connais pas le nom m’a fait choisir la deuxième option. OUF.

Vous vous souvenez certainement avec une précision extrême de tous ces instants où votre équilibre a pu être déstabilisé, votre vie menacée. Brutalement tirés de la léthargie dans laquelle nous somnolions, nous retrouvons soudain tous les sens en éveil, toutes nos défenses prêtes à combattre.

 

Après le moment de conscience, nous nous retrouvons face au vide, sans point de repère. Il y aura une diminution, voir un écroulement de notre capacité à réagir, un effondrement de notre performance. Nous avons dépassé le stade de la rupture pour entrer de plain-pied dans la crise elle-même.

 

Une fois que nous serons au fond du trou, trois possibilités fondamentalement différentes se présenteront:

  1. y rester
  2. Parvenir à retrouver l’équilibre précédemment perdu
  3. Gagner en compétence pour remonter plus haut qu’avant la crise

 

En fait, la crise n’existe vraiment que dans la mesure où nous y résistons. Et elle durera aussi longtemps que nous nous accrocherons aux repères que nous avons perdus.

 

Tu penses bien que je n’aborde pas ce thème sans raison.

Nous sommes aujourd’hui le vendredi 18 décembre 2015.

Il est 19h30.

Et dans exactement 5 jours, je sortirai pour la dernière fois de ma VIE de la Médiathèque où j’étais FONCTIONNAIRE jusqu’ici. Mais pour pouvoir m’envoler, j’ai décidé de lâcher du lest. De quitter cette partie de ma vie qui ne me correspond plus pour aller voler vers d’autres cieux.

Montgolfière magique

Je laisse derrière moi 10 ans de VIE professionnelle, où on m’a appris lentement mais sûrement à fonctionner. Je ne te résume pas. Tu prends les a-priori que tu as déjà entendu sur la Fuck*ion Publique, tu fais X 10 et on y est à peu prêt. ATTENTION, pas la peine de t’énerver et de m’envoyer des messages pour me dire que je te déçois bla bla bla. Je rappelle qu’ICI je ne fais qu’exprimer MON point de vue. Qui n’a pas vocation à être érigé en MAXIME s’appliquant à la terre entière. Évidement qu’il y a des gens qui font plus que leur travail dans la FP. Je dis juste qu’aussi MOTIVÉE et enthousiaste que j’étais, j’ai fini dégoûtée et découragée en un peu moins de trois ans. J’ai choisi de ne pas finir ma VIE en soupirant. En cherchant des satisfactions ailleurs que sur mon lieu de travail et en tablant sur une hypothétique retraite, ou j’arriverais tellement usée moralement (pas physiquement) que je ne saurais en profiter. J’ai choisi un chemin moins risqué quoi que tu en penses. Alors OUI, je serai moins bien couverte au niveau Sécurité sociale. Mais je fais le pari d’une vie où je n’aurai plus besoin d’utiliser les arrêts maladie comme des armes pour me faire entendre lorsqu’on ne veut pas écouter ce que je dis. J’ai choisi la LIBERTÉ. Elle a un prix que je suis prête à payer.

Graine de liberté.1jpg

Quand on a ouvert le Magasin de Mots, beaucoup de gens se réjouissaient avec nous. Pour mon départ de la Médiathèque c’est pareil. (Je ne parle pas de mes collègues qui de toutes façons ne se réjouissent pas vraiment quelle que soit la situation). On me demandent Alors t’es contente? Ma réponse est OUI & NON. Je ne prends pas encore la pleine mesure de la JOIE qui s’annonce. Ça va prendre un peu de temps j’imagine, pour que je réalise. Ça arrivera sûrement à un moment où je ne m’y attendrai pas.

 

Pour tout te dire, je ne me suis PROFONDÉMENT réjouie de l’avènement du Magasin de Mots que lors d’un jour normal. Il y a moins d’un MOIS. Comme ça, au détour d’un couloir en me remémorant cette sensation qui ne m’avait plus lâchée le JOUR où j’ai redécouvert la TECHNIQUE de l’Impression typographique et où j’ai été prise d’une ENVIE viscérale de travailler et approfondir cette TECHNIQUE. De la faire mienne. Et là, au détour de ce couloir j’ai réalisé que ça y était. J’avais tout ça et même plus que ce que j’avais imaginé à l’époque. Ça, CA veut dire la JOIE.

DONC j’imagine que pour MON CHANGEMENT DE VIE ce sera sans doute pareil. Un tout petit détail qui me fera réaliser que j’ai repris la maîtrise de MON TEMPS, où je ne sais pas vraiment où cela se situera. On verra. Je te dirai.

Graine de liberté

Si en 2016, tu veux continuer à suivre mes aventures de Marchande de Mots et savoir ce que ça fait quand tu as lâché le bord pour te mettre à nager,  tu peux t’inscrire à ma Lettre du Vendredi:

& si jamais tu veux recevoir chaque matin du lundi au jeudi, un petite phrase en forme de coup de pied aux fesses gentil pour t’encourager à réaliser ton rêve et écouter ce que ton corps te dit, tu peux t’inscrire ici:

Je t’écrirai la semaine prochaine depuis mon vendredi de Noël. Je compte bien t’envoyer quelques Merveilleuseries. Je t’écrirai ensuite aussi. Je vais voir comment ça se met en place une fois que j’aurai enfiler mes HABITS de mes rêveries!

Tablier Mary du Pôle Nord

Un tablier fait sur-mesure par Mary du Pôle Nord.