Publié le 14 Avr 2018 | 2 commentaires

Je fais ce que je fais officiellement, depuis 5 ans.

Je fais ce que je fais officieusement, depuis très bientôt 40 ans.

Qu’est-ce-que je fais?

J’écoute les gens. J’écoute ce qu’ils disent et surtout ce qu’ils ne disent pas. J’écoute leurs histoires, avec les MOTS. & aussi leurs histoires sans. J’écoute ce qu’ils racontent, & surtout ce qu’ils ne racontent pas. Je récolte les MOTS doux qu’on leur a donné & dont ils m’ont parfois parlé, et je prends note des Mots piquants qu’on leur a parfois planté dans le coeur, soit récemment, soit il y a très longtemps.

J’ai toujours été troublée de voir la façon dont les mots, peuvent peser sur un coeur humain. & à quel point une petite phrase mal dite par la bonne personne, peut détruire un morceau de coeur et le faire pourrir.

Je crois que je ne me trompe pas,  si je dis que chacun d’entre nous à une phrase comme ça, fichée dans le coeur et qu’on ne peut que difficilement extraire de là.

Si je ne peux pas tomber amoureux de toi, je ne pourrai tomber amoureux de personne.

Mais enfin, Gaëlle.

Il ne faut pas être naïf, non plus.

Ne fais pas comme ça.

Ces phrases là, j’en ai sûrement fabriqué pour les autres, à un moment où j’étais tellement en colère contre moi, de ne pas suivre ma voie, que je projetais cette colère sur les autres. & je ne me cherche pas d’excuses, pour ces mots là. C’est impardonnable de planter des échardes dans le coeur des gens. Mais il en va ainsi des MOTS piquants.

Ils font des petits, & les échardes se transmettent de vies en vies.

Moi, les échardes, j’ai arrêté de les triturer, au risque de les sur-infecter. Les échardes, je met de l’argile dessus. En vrai.  Et j’attends. L’argile à ce pouvoir de tout aspirer. Les saletés, les impuretés, ça prend parfois du temps. Mais à la fin, l’écharde finit par affleurer. La peau est nettoyée autour. Il n’y a plus qu’à l’enlever & à laisser cicatriser.

& j’ai appris à faire ça, aussi dans ma vie.

Je dirais même, qu’au lieu d’essayer d’enlever les échardes, j’évite de les laisser entrer. Ça m’a pris, quand j’ai commencé à mieux m’aimer. & ça m’a aidé à mieux me respecter, et donc à mieux respecter les autres.

Et je te vois secouer la tête, toi, dans le fond, qui lis ça. Oui, oui parfois se respecter, ça implique aussi de s’éloigner, voir de ne plus du tout laisser la possibilité à quelqu’un de t’écharder le coeur, ni de vouloir écharder les sien.

Le Magasin de MOTS est né de ça. De cet légèreté qu’on les gens, à utiliser les MOTS, comme si c’était des mouchoirs en papier. On les utilise et HOP, on essuie le crado et y a plus qu’à jeter.  Et moi les MOTS, je trouve que ce sont de jolis morceaux de tissus. Ce sont des étoffes mats, ou moirées. Ce sont des tissus un peu rugueux, ou des soies, qui vont du jaune au bleu. Ce sont des choses délicates, qu’on peut avoir envie de garder et de coudre ensembles, pour se faire une jolie cape de visibilité.

Alors, la première fois que j’ai lu ce texte là, ça a fait TILT chez moi. Peut-être ça te le fera aussi, à toi?

Un jour, un homme vint trouver le philosophe Socrate et lui dit :

– Ecoute, Socrate, il faut que je te raconte comment ton ami, s’est conduit.

– Je t’arrête tout de suite, répondit Socrate. As-tu songé à passer ce que tu as à me dire au travers des trois tamis ?

Et comme l’homme le regardait rempli d’étonnement, l’homme sage ajouta :

– Oui, avant de parler, il faut toujours passer ce qu’on a à dire au travers des trois tamis. Voyons un peu ! Le premier tamis est celui de la vérité. As-tu vérifié si tout ce que tu veux me raconter est vrai ?

– Non, je l’ai entendu raconter et…

– Bien, bien. Mais je suppose que tu l’as au moins fait passer au travers du deuxième tamis, qui est celui de la bonté. Ce que tu désires me raconter, si ce n’est pas tout à fait vrai, est-ce au moins quelque chose de bon ?

L’homme hésita puis répondit :

– Non, ce n’est malheureusement pas quelque chose de bon, au contraire…

– Hum ! dit le Sage, essayons de nous servir du troisième tamis, et voyons s’il est utile de me raconter ce que tu as envie de me dire…

– Utile ? Pas précisément…

– Alors, n’en parlons plus ! dit Socrate en souriant.

 

Si ce que tu as à me dire n’est ni vrai, ni bon, ni utile, je préfère ne pas le savoir, et quant à toi, je te conseille de l’oublier…

 

Apologue∗ du philosophe grec Socrate (Ve -IVe siècle avant notre ère)

Alors j’ai fabriqué cette boîte là, à partir de cette histoire là. Pour TOI & pour MOI. Pour qu’on n’oublie pas de faire passer nos mots et ceux des autres, dans les trois TAMIS avant de décider si OUI ou NON, il est UTILE de les verbaliser.

La Boîte à peser ses mots

 

Boîte à bonheur Graine de Carrosse

 

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La Boîte à peser ses MOTS Graine de Carrosse

& la magie de ces trois tamis, c’est que non seulement, tu peux te les appliquer avant de parler, mais tu peux aussi y faire passer les MOTS de la personne qui vient te parler. Si tu sens, au ton mi-confident, mi-excité de cette personne, que ce qu’elle a à te dire, n’a pas pour but de te faire grandir, tu peux gentiment la renvoyer d’où elle venait. Tu verras au début, c’est étrange, tellement on est habituées à se laisser absorber par des MOTS inutiles, du moment qu’on nous parle de ce qu’on est. Même si c’est pour nous renvoyer quelque chose de mauvais.

Tu verras, il y a quelque chose de puissant à laisser repartir quelqu’un avec ses MOTS piquants. & plus le temps passeras, moins tu passeras de temps à t’interroger, sur ce que cette personne avait bien à te raconter.

& tu pourras reprendre ton chemin, sans plus t’en préoccuper.

Si toutefois, on t’a échardé le coeur plus d’une fois, je te propose de les laisser ici en commentaire. Tu n’es pas obligée d’expliquer le contexte, ni de dire qui, ni de dire pourquoi. Pose les simplement là.

Je les recyclerai. & toi tu n’auras plus qu’à poursuivre ta route en te sentant libérée et un peu allégée.