Publié le 12 Sep 2014 | 5 commentaires

Nourrir ses rêves

Cela fait un moment que tu me suis. J’ai des défauts et des qualités. Et j’en ai un qui rentre dans les deux cases c’est ma sincérité. Tu sais que pour moi la moindre des politesses est de ne pas t’imposer mes mauvaises pensées. Aujourd’hui vois tu j’avais prévu de te lister 10 façons de nourrir tes rêves. J’avais même commencé à te les rédiger.

Il y a un truc qui me frappe ces derniers temps, chez mes contemporains c’est leur côté perdu. Je les écoute m’expliquer que rien ne va dans leur vie, que tout ce qui leur arrive c’est vraiment du pourri. Je les écoute, mais je ne les comprends pas. Alors je leur demande Mais est-ce que tu sais ce que tu VEUX? Oui je sais ne dis rien, je suis toujours très fine et subtile dans la vraie vie. Pas que je veuille donner des leçons.  Juste que cette absence de connaissance d’eux même chez des gens que j’aime me fait de la peine. Par exemple, toi si tu prends tes amis, et si tu prends le temps d’y réfléchir est-ce que tu connais leurs envies, leurs rêves?

Et maintenant si tu essayes de faire le lien entre leurs rêves,  l’état d’avancement de celui-ci et leur qualité de vie tu verras où je veux en venir.

C’est dur de trouver comment aller quelque part quand on ne sait pas où on veut aller. 

Il y a une page que je suis et que j’aime énormément. Je t’en ai déjà parlé ici. C’est la page Humans of New-York. En ce moment son créateur parcours le monde et prends des photos des gens qu’ils y rencontrent. 

Humans of New-York

He told me that he could look at anyone’s face, and tell them exactly what they need in life. I asked him to give me a try. He studied my face, looked up at the sky for a few seconds, then said: You don’t need anything.

Il m’a dit qu’il pouvait regarder le visage de n’importe quelle personne et lui dire à cette personne exactement ce dont elle a besoin dans la vie. Je lui ai demandé d’essayé pour moi. Il a regardé mon visage, a regardé le ciel pendant quelques secondes, et a dit: Tu n’as besoin de rien.

(Jammu, India)

Je suis totalement acquise à l’idée bouddhiste que mon bonheur ne doit dépendre de rien ni de personne. Que le bonheur est un état auquel on doit aspirer et dont on doit être à l’origine. Sans le mettre entre les mains de quelqu’un d’autre. Le moyen que j’ai trouvé et que je vais te donner c’est de nourrir mes rêves. De les alimenter.

1. Piquer ceux des autres. Au moins pour voir s’ils te vont OU par réaction pour être sûre que finalement non c’est pas ça que tu veux.

2. Les frotter un peu à la réalité. Imaginons que tu ais  par exemple un projet de magasin de mots. Que tu travailles à ça jour et nuit depuis deux ans environ. Que tu ailles rencontrer ton chargé de mission dans la couveuse d’entreprise dont tu fais partie. Il se peut qu’il prenne ton rêve en main. Qu’il le soupèse pour en estimer la qualité. Qu’il te dise « Oui votre rêve vous va bien, il est de bonne qualité et je n’ai pas de doute sur le fait qu’il puisse vous aller et même fonctionner, mais avez vous pensé à ça, ça et ça? ». Et bien ton rêve ça ne va pas l’abimer. Ca va un peu le déformer.  Mais c’est comme un jean un rêve il faut le porter un moment avant qu’il ait LA forme qui te va et qui te plaît.

3. Se dire qu’à cette endroit là, tu as TOUTES les possibilités. Oui même celle d’être magicienne-pompier.

4.

Voilà et c’est là que je me suis arrêtée en me disant que cette nuit les idées viendraient. ET PUIS…J’ai été rattrapée par la réalité. Et puis il y a la vie qui va. Et mon travail de la VRAIE vie.

Je suis encore bibliothécaire à 60%. Avec la mise en place des rythmes scolaires on nous a imposé de proposer des animations et de faire glisser notre métier de bibliothécaire vers celui d’animateur péri-scolaire. Hier, je me suis retrouvée en GRANDES difficultés. Je fais de l’animation depuis que j’ai 17 ans. Plus ou moins bien selon les contextes, et les moments. Mais je crois pouvoir dire qu’avec les années je me suis spécialisée. Contraintes et forcées ma collègue-et-amie et moi avons donc construit un projet. Un projet qui malgré tout promettait de nous faire passer un bon moment avec les enfants. On voulait leur proposer de fabriquer des objets magiques tirés de livres qu’on allait leur présenter. On s’est retrouvées à devoir encadrer 28 enfants. 28 enfants qui ne voulaient pas être là. 28 enfants qui ont commencé à soupirer et à râler dés le moment où on est allées les chercher. Pendant l’heure et demi d’animation, on a fait 10% de ce que nous avions prévu. Nous avons à peine pu leur expliquer ce qu’on allait leur proposer.

Au point, tu sais où j’en suis arrivée à ce moment où tu regardes la porte en te disant « Je vais les planter là et sortir. Ce matin de retour au travail avec un NON géant à délivrer, je me suis vue me mettre à pleurer. Et puis à suffoquer.

Je me suis vue allongée sur le sol de mon bureau. A essayer de respirer. Alors je sais que tu ne m’en voudras pas. Je sais que tu comprendras. Je viens d’être confrontée de plein fouet au fait que je n’ai pas encore atteint ce stade de zenitude qui me permettra d’accueillir l’adversité. A ce stade où mon bonheur me garantira une absence de prise des événements extérieurs sur moi. Je remercie quand même ceux qui m’ont mis dans cette situation, qui va m’obliger coûte que coûte à sortir de ma zone de confort.

Je ne suis pas perdue. Je sais exactement où je veux aller. Je ne sais pas encore totalement comment je vais y arriver.  Il y a des obstacles sur ma route que je ne peux pas éviter.

Je finirai en te racontant une histoire de mon lointain et jeune temps. En première année de Doctorat Sciences du Travail, de  la Formation et du Développement local. Oui Mâdâââme! J’ai pris rapidement conscience que je ne savais pas assez jouer des coudes pour y arriver. J’ai par chance trouvé ma voix. Je voulais reprendre un DUT Métiers du Livre-Option Bibliothécaire (tu vois comme quoi tout change dans la vie, à cette époque là, mon poste actuel m’apparaissait comme le Saint Graal. L’endroit de toutes les possibilités). J’étais pionne à temps complet. Emploi du temps compatible avec la fac, beaucoup moins avec une formation intensive de 35h00. Entrain de remplir mon dossier de candidature à la formation Métiers du Livres. J’étais assise au bureau de la Vie scolaire entrain de lister toutes mes IMPOSSIBILITES. Une coloc qui se terminait, un appartement à trouver pour déménager, avoir de quoi le payer, gérer et articuler un 35h00 de cours et mon job de pionne, un mec qui en plus de ne pas me soutenir, me mettait des batons dans les roues dés qu’il le pouvait…etc

Ma collègue Delphine (jamais revue depuis) m’a alors donné un des meilleurs conseils de ma vie. Elle m’a dit Envoie ton dossier. Si tu es prise il sera toujours temps de te réjouir et de t’inquiéter.Prends les problèmes un par un.

Et j’y suis arrivée. J’ai tout réussi à combiner. Le prix à payer à été des semaines de 70h00. Des dimanche soir dans un Internat glauque à réviser. Mais ce que je voulais je l’ai eu, même si maintenant je n’en veux plus.

Je suis de ceux qui crois qu’il faut lâcher le bord pour apprendre à nager. Nager, cela fait deux ans que je me suis entraînée. Il faut juste que je nourrisse assez mes rêves pour tenir la distance et garder de l’endurance pour la traversée.

J’ai PEUR.

Mais mon coloc d’atelier dit que la peur est le signal de quelque chose vers lequel on DOIT aller.  Je vais rester là. Continuer à t’informer.

Tu seras la première au courant quand je serai prête à voler.