Publié le 22 Mai 2015 | 4 commentaires

Quand je suis à bout de souffle je rentre chez ma Maman. Elle habite toujours la maison où j’ai grandi. Petite déjà mes parents m’emmenaient marcher, me promener en forêt. Dans ma toute petite tête je me disais: OUI d’accord MARCHER mais pour aller OU? Je veux dire MARCHER? Pour MARCHER? Mais ça sert à quoi? Ces adultes franchement je n’y comprenais rien. Pendant mon adolescence, je ne voyais pas vraiment l’intérêt de marcher. Ni celui de vivre à la campagne. & j’en voulais un peu à mes baba-cool de parents d’avoir choisi d’habiter dans un village Vosgien de 320 habitants. L’adolescence. Cet âge merveilleux où tu traînes ton mal être sans savoir quoi faire de ta peau. A l’âge où d’autres ont choisi de se mettre à fumer et  boire pour tromper l’ennui (même si j’ai essayé ça, aussi) je me suis mise à MARCHER. Inlassablement. Le fond de l’histoire c’est que je suis une feignante immense. Je peux passer des heures et des heures allongée au soleil à NE RIEN FAIRE. Enfin, je pouvais. Parce que le soleil depuis, j’en fais un peu plus l’économie. Et NE RIEN FAIRE: je suis plutôt tombée dans l’excès inverse ces temps-ci.

BREF j’ai arpenté le même chemin inlassablement pendant des années. 2h00 de marche, 9 km. Seule. Sans téléphone. Je partais avec une idée à ruminer et quand je revenais elle était soit réglée, soit dégonflée. Et puis l’année de mes 22 ans (qui est pourtant mon chiffre préféré), j’ai été quittée, après avoir moi aussi quitté quelqu’un. Ce n’est pas très clair, mais c’est la vérité. Quitter par quelqu’un qui m’avait libéré de moi-même et des obligations que je m’imposais jusque là. Quelqu’un dont j’étais raide DINGUE amoureuse. A partir de ce moment il m’a fallu MARCHER comme on respire, MARCHER & LIRE. Je ne pouvais plus penser à rien d’autre qu’à son absence dans ma vie, il fallait m’anesthésier. Il fallait que je fasse tourner mes pensées tous les jours (j’étais surveillante à l’époque ce qui m’a laissé tout l’été pour tourner et retourner ces questions sans fin que je me posais). Pourquoi ne m’avait-il pas aimé? Pourquoi m’avait-il séduite, & encouragée à tout quitter, si c’était pour m’abandonner? J’étais qui, si ses yeux à lui n’étaient plus là, pour me regarder? Tout ça m’a évité de l’agonir de textos, où je lui aurai posé ces questions auxquelles ils ne pouvaient de toutes façons pas répondre. J’ai arpenté. Quel que soit le temps, le même chemin, rageusement. Lui & moi on s’est retrouvé à la fin del’été. On a ré-essayé. Mais force a été de constater que nous étions comme l’huile et l’eau, impossible à mélanger. Nous avons dû à nouveau nous quitter. Moi j’avais le COEUR crevé. C’était comme me faire amputer d’un membre. Savoir qu’il ne serait plus jamais à moi, mais qu’un jour ça avait été le cas. J’ai mis BEAUCOUP beaucoup de temps à m’en remettre. Je sais. Je ne suis ni la première, ni la dernière à qui s’est arrivé. Mais c’est une partie de l’histoire qui m’a fondé. Et puis le temps est passé. Loin de lui. J’ai rencontré d’autres garçons. Après lui tout me paraissait mieux & moins bien. Même les histoires moyennes.  Même le manque d’intensité. J’ai louvoyé. Je me suis mentis. Je me suis fait payer. Et puis un jour, j’ai rencontré le soleil. L’homme que j’aime et qui m’aime: Julien. Je crois que c’est à peu près à ce moment là que j’ai changé de chemin.

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CHANGER de chemin & CHANGER de chemin.

Dans les deux sens. J’ai continué à marcher. Mais je suis allée de l’autre côté de la vallée. Je ne sais pas pourquoi j’avais parcouru inlassablement le même chemin jusque là. Sans y déroger. En poursuivant mes pensées noires, mes questions sans réponse et mes mauvaises idées.Et puis j’ai découvert ce nouveau chemin.

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Il m’offrait une vue complétement dégagée. Au milieu de ce chemin là, il y a un village qui est une espèce de coin de paradis.

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Une fois le village dépassé, j’arrivais en haut d’un chemin qui surplombait toute la vallée.

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C’est beau. Tout simplement. Mais si tu marches aussi, je n’ai pas besoin de t’expliquer ce que ça fait.

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Je vis une période pour le moins agitée en ce moment. Pendant quelques temps, j’arrive à me faire croire que je peux y arriver sans avoir besoin d’y retourner trop souvent. Et quand, vraiment je suis au bout du bout de mon souffle je prends ma fille sous le bras et je rentre là-bas. Une fois ma fille couchée pour la sieste, je pars marcher. Il y a peu de temps ça m’est arrivé.

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Pour une fois et parce que le temps était très moyen, j’ai décidé d’emprunter cet ancien chemin que j’ai tant parcouru il y a quelques années.

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Je ne suis pas quelqu’un qui a peur. Mais cette fois là, va savoir pourquoi ma mère m’a parlé d’un danger en particulier. Pourtant elle n’est pas non plus très flippée. BREF arrivée à l’embranchement, là où je tourne habituellement je me suis dit que j’allais essayer le chemin de gauche que j’avais parcouru une ou deux  fois il y a longtemps.  Je l’ai emprunté contente d’essayer un nouvel endroit. Mais petit à petit le chemin, c’est restreint. (Tu me vois venir?). Et je me suis mise à faire un parallèle avec ce que je vis en ce moment dans mon entreprise/ma vie. Le chemin s’est réduit à peau de chagrin. L’euphorie de la nouveauté a commencé à s’estomper pour laisser place à une légère inquiétude. Tu vas me dire que je pouvais toujours revenir sur mes pas? AH AH. C’est mal me connaître. Le chemin longeait un petit ruisseau jusqu’à un point où il disparaissait totalement. J’ai eu un peu peur. Il s’arrêtait au niveau d’un pont cassé. Ce n’était pas franc, mais j’avais la sensation qu’il continuait de l’autre côté. Je m’en rappelais vaguement aussi. J’ai pris mon élan. J’ai sauté. J’ai repris le semblant de chemin qui se dessinait. Et j’ai retrouvé au bout d’un moment le chemin exact dont je me souvenais. Ce chemin débouchait sur une prairie. Et j’ai pleuré. Pleuré parce que c’était beau. Pleuré parce que tout à coup je me suis dit que c’était exactement ici dans ce village que je voulais mourir. Que c’est à cet endroit que j’appartenais. Ca peut te paraître étrange. Un peu barré. Appelle ça comme tu veux. Ce que je sais, c’est que je suis contente d’avoir fait cette expérience. C’est l’éternelle histoire de L’Homme le plus bête du monde celui qui parcourt le monde avant de se rendre compte que le trésor était au pied de son arbre. Ce ne sera pas tout de suite. Je dois d’abord aboutir mon Projet. Mais un jour c’est sûr j’y retournerai. J’achèterai un terrain. Avec un immense arbre au milieu. Et dessus je ferai construire une CABANE que je construirai pour venir m’y retrouver.

PS: hier soir je lisais Le jour où j’ai appris à vivre de Laurent Gounelle. Le personnage y redécouvre le plaisir de marcher. Sa Tante, vieille sage lui dit que la Marche nous fait redécouvrir la complétude de l’homme. Le fait qu’on a besoin de rien d ‘autre que soit pour exister dans une société où on passe sont temps à nous expliquer que nous avons des manques, des besoins, des envies qu’on va nous dicter. tu imagines à quel point ces propos m’ont parlé?

Enfin si ce que tu as lu te parle. Si toi aussi tu es sensible à la MAGIE, tu peux t’inscrire ici: