Publié le 3 Juin 2016 | 0 commentaire

La moindre des politesse c’est quand même de raconter des histoires aux gens avec qui tu &changes. Ça fait un moment que je veux écrire ce post. Et avec tous les faux semblants qui tombent les uns derrière les autres autour de moi en ce moment, je pense que le bon moment c’est maintenant. Ça va être un peu confus sans doute. Mais je préfère te l’écrire aujourd’hui pas très bien, plutôt que jamais mais parfaitement.

Nous traiterons donc le sujet en deux parties:

Thèse, antithèse, FOUTAISES.

Mais en ces temps de révisions du bac je tenais à faire un petit clin d’oeil à tous ces êtres en devenir qui auront eu la chance de faire de la philo cette année. En espérant qu’ils ne soient pas tombés sur un prof cinglé, qui les en aura dégoûté.

NON, aujourd’hui nous parlerons de la différence qui existe entre:

RACONTER DES HISTOIRES

OU

SE RACONTER DES HISTOIRES

La moindre des politesses te disais-je, de mon point de vue c’est de RACONTER DES HISTOIRES. Et c’est même un de mes secrets pas bien gardé puisque je passe mon temps à les confier. Puisque mon secret, c’est que je n’en ai pas. Je fais juste comme toi. Je merdouille, je tâtonne. Je trouve un truc qui marche. La situation change. Putain, ça ne marche plus et je recommence. Je crois bien même, qu’à presque 38 ans je commence à me dire que ce schéma s’appelle VIVRE. Et c’est même quand j’ai pris conscience de ça, que j’ai quitté le monde de l’enfance.Ce monde de vérité et d’illusions en même temps, où tu penses que les adultes EUX ils savent. Et puis un jour tu te rend compte que NON. Les adultes EUX, ils ont juste essayé plus que toi. Mais putain, qu’est ce que la vie est plus belle quand on nous raconte des histoires. Au lycée, adolescente donc complexée. Introvertie non identifiée, (donc qui forçait sa nature pour rentrer dans la moule sans songer que ça faisait de moi une vraie tarte) ma copine Johanna me fascinait. Enfin elle parmi d’autres. Les autres, avaient une vie tellement plus cool que la mienne. Jusqu’à ce que je commence à voir ce qu’il y avait sous le vernis de la coolitude. Johanna ce qu’elle faisait bien, c’était pas vivre. Ce qu’elle faisait bien c’était raconter ce qu’elle vivait. Et j’ai commencé à le travailler. Et j’ai vu que ça marchait. Et puis, comme beaucoup de choses de l’adolescence, j’ai ensuite compris que ça ne suffisait pas. Mais ça m’a au moins permis d’avancer à cet âge compliqué où tu ne t’aimes pas. Ce qui a déjà une utilité.

Après j’ai compris que ça n’était pas ce que tu racontais qui était important. Ce qui est important, c’est de vivre les choses sincèrement. Et alors tu te mets à te foutre d’avoir à les raconter. Tu n’as plus besoin de dire, ni de démontrer qui tu es. TU ES. Et ça te suffit amplement pour RESPIRER. Du coup, j’ai un certain radar pour repérer les gens qui ont pour habitude de:

SE RACONTER DES HISTOIRES

Tu connais toi aussi ces gens qui te parlent d’eux-même comme ça?

  • Nan, mais tu sais moi je suis quelqu’un de vachement généreux!
  • ON EST HYPER heureux nous! Hein Jean-Mi! Mais dis le PUTAIN qu’on est HYPER heureux t’es chiant.
  • Je suis hyper à l’écoute des gens moi tu sais et bla bla bla bla et moi je, moi je, moi je.
  • JE MANGE hyper sainement
  • J’ai une vie HYPER équilibrée.
  • Je suis vachement bien célibataire.
  • J’ADORE mes enfants. Ils sont toutes ma VIE (quelle tristesse)
  • MOI? Je suis quelqu’un d’HYPER CALME.
  • Mais si mon histoire d’amour est merveilleuse. Bon, pas cette semaine. Bon, pas la semaine d’avant non plus. Bon et pas depuis 6 ans. Mais sinon maintenant ça va en fait.
  • Nan mais je vais arrêter. C’est insupportable cette situation que je supporte.
  • C’est tout la faute de l’autre. Moi je n’y suis pour rien. Je n’ai rien à voir là-dedans.
  • C’est pas moi, M’dame!

Est-ce que tu as remarqué comme il n’y a pas besoin de creuser longtemps, pour t’apercevoir qu’en général ce trait qu’il mettent le plus en avant et celui qu’ils AIMERAIENT avoir développé, mais qui malheureusement est absent voir totalement à l’inverse de ce qu’ils sont vraiment?

Et bien ces GENS sont ceux qui SE RACONTENT DES HISTOIRES. Ils se racontent aux autres, pour mieux se définir dans le regard de l’autre. & ça c’est pas poli je trouve. L’autre, n’est pas un miroir. Et tu auras beau lui expliquer tout ce qu’il doit penser de toi. Ça peut prendre un tas de forme différentes:  l’auto dérision, l’égocentrisme, le narcissisme, l’auto dénigrement. Peu importe. Tu parles de toi. Tu expliques à l’autre ce que tu veux qu’il voit en ne tenant pas compte du fait que l’autre il voit ce qu’il veut. Avec ce qu’il a et ce qu’il est. Celui à qui tu racontes des histoires, c’est TOI. Et ça, c’est pas SYMPA. Ça ne t’avance à rien. Ça te recule même. En revanche un bon moyen de savoir qui ils sont vraiment c’est de les écouter parler des autres GENS. ET je gage qu’ils n’en parleront pas correctement. ECOUTE bien ce qu’ils disent. ET remplace leur IL/ELLE par JE. Tu auras ainsi une idée assez précise de ce qu’ils pensent d’eux même au fond. Et souvent ce n’est pas JOLI, JOLI. Ça me fait du CHAGRIN. Et je voudrais juste leur dire à chaque fois qu’ils ne se font pas du bien.

& POURQUOI je me permettrais? Parce que tout ça, moi aussi je l’ai FAIT. Je me suis comparée. J’ai dit du mal. J’ai bitché. J’ai fait ma Langue de Pute en trouvant ça rigolo et en croyant que c’était un thème de soirée intéressant. Quelque chose qui me rapprochait de mes amies. Je me suis collée des étiquettes toute seule. Je me suis raconter des histoires comme n’importe qui!

  • Quoi comment ça il est marié. Oui bon c’est sûr il ne m’en avait pas parlé mais on S’AIME! Tu comprends?
  • Enfin surtout moi. Mais pour lui ça viendra!
  • Comment ça, ça fait 10 jours que je n’ai plus de nouvelles! OUI mais quand on va se retrouver ce sera l’AMOUR c’est sûr.
  • Oui, il me dit que j’ai pris du poids, mais c’est vrai aussi regarde!
  • J’ai l’impression qu’il ne m’aime pas. Mais je voudrais tellement qu’il m’aime. Et je l’aime tellement justement parce qu’il ne m’aime pas.
  • Mais si je souffre autant c’est que je dois vraiment beaucoup l’aimer. Ça doit être ça l’amour. Cette intensité.
  • Si j’obtiens ce truc, je serai plus heureuse. Ah non.
  • Quand j’aurai un CDI, je serai plus heureuse.  Ah non.
  • Si je pars en vacances au soleil, je serai plus heureuse.  Ah non.
  • Dans cet appartement, je serai plus heureuse c’est SUR.  Ah non.
  • Si je partais vivre loin je serais plus heureuse.  Ah non.
  • S’il m’aimait, je serais plus heureuse.
  • J’adore sortir et aller danser sur le bar.

Mais un jour j’ai décidé d’arrêter. ENFIN pas un jour. Petit à petit j’ai pris conscience de ce que ça me faisait. Et j’ai arrêté de ME RACONTER DES HISTOIRES. J’ai pris le temps de me découvrir. De faire l’expérience de moi-M’AIME. J’ai pris conscience que j’étais la seule RESPONSABLE de mon BONHEUR et que du coup, ça me permettait un degré d’autonomie vraiment intéressant. Je suis tombée amoureuse. VRAIMENT. J’ai arrêté de prendre les hommes que j’aimais pour des pourvoyeurs de BONHEUR. J’ai arrêté de croire et de DIRE qu’ils me devaient quelque chose. Pour prendre conscience que l’Amour se situait ailleurs. J’ai commencé à mieux m’aimer. Je me suis libérée de cette recherche vaine et incessante. Et j’ai enfin pu me mettre à FABRIQUER des trucs pleins de sincérité. Avant toute chose POUR MOI. Pour répondre à ce que je ressentais moi. Pourquoi je me suis mise à les vendre? Parce que c’était le chemin qui me menait vers la LIBERTÉ. Parce que tu me les a acheté . Parce que visiblement ça te parle aussi à toi. BREF, je me suis mise à:

RACONTER DES HISTOIRES

Pour ça, je me suis rappelé de ce que ma Maman m’a appris. L’IMPORTANT c’est de RACONTER DES HISTOIRES. Dans la vie, ou avec tes créations. LES HISTOIRES tout le monde aime ça. Quand j’étais bibliothécaire et que je lisais des ALBUMS aux enfants, ça me faisait toujours rigoler les Papas et les Mamans qui étaient là pour écouter des HISTOIRES avec leurs enfants. Mais pas pour eux hein!!! Les HISTOIRES c’est pour les enfants. Mais bon, tu sais ce que je pense de ça. TU as été une enfant. J’ai été une enfant. ET plus on s’en rappelle, moins on prend le risque de JOUER AU GRAND qui SE RACONTE DES HISTOIRES.

UNE HISTOIRE

  • Elle capte l’attention.
  • Elle contient l’histoire de personnes réelles : les gens veulent rarement entendre parler de comités ou d’enjeux intangibles, ils veulent entendre parler de gens, leurs vies, leurs luttes, leurs joies, etc.
  • Elle représente un exemple humain du message plus global et abstrait que vous souhaitez transmettre : il est possible de s’identifier au personnage principal et d’éprouver de l’empathie.
  • Elle exprime une seule idée centrale : quelqu’un qui fait quelque chose pour une raison particulière (réponse aux questions qui, quoi et pourquoi).
  • Elle adopte un ton qui correspond au sujet abordé : une histoire triste n’adoptera pas un ton réjoui ou humoristique. Le ton doit ajouter de la crédibilité à l’histoire et maximiser son impact émotionnel.
  • Elle touche l’émotion en exprimant des valeurs universelles : l’amour, la haine, la peur, la fierté, la bravoure, etc.
  • Elle fait appel à la raison en utilisant des arguments rationnels : expliquer les comportements décrits, justifier pourquoi la personne fait ce qu’elle fait, faire des liens avec les enjeux plus globaux, intégrer des exemples, des chiffres, etc. renforcent tous l’histoire.

[Source

 

Et moi maintenant quand les gens viennent au Magasin de MOTS c’est ça que j’attends. J’attends qu’ils ME RACONTENT DES HISTOIRES à moi, pas à eux. Pendant des années j’ai regardé les gens autour de moi SE RACONTER DES HISTOIRES. Je n’ai plus de patience pour ça.

Je veux des GENS comme des LIVRES OUVERTS.

Je veux des HISTOIRES. Des péripéties. Des vraies trucs, plus fous que ce qu’on pourrait inventer. Je veux vibrer. Je veux des LARMES & des ETOILES dans tes YEUX. Je veux TES SILENCES, si tes Histoires ne me regardent pas. Si il y a des CHAPITRES que tu veux garder pour toi. Mais autant te le dire & te prévenir. J’ai l’oeil affûté. ET des HISTOIRES je ne te laisserai pas t’en RACONTER. Je ne cautionnerai pas. Ca risque un peu de te bousculer. Mais c’est pour te faire gagner du temps, tu le sais.

 

Alors à bientôt au Magasin de MOTS. Peut-être tu ne feras que passer. Peut-être on prendra 20 minutes parce que je verrais à ton air hésitant mais décidé que tu as envie de parler.