Posted on 3 Juil 2020 | 5 comments

Je lis

Femme qui court avec les loups.

J’écris ça comme si c’était rien.

Alors que c’est tout.

Ce livre est en train de bouleverser totalement ma vie.

Littéralement

Je suis toute retournée.

C’est totalement inconfortable.

Me revoilà au bord de la falaise

Je prépare à nouveau mon matériel pour sauter.

Comme la première fois, je prépare mon sac. Tout en me disant que j’ai encore le choix de rester au bord pour regarder les nuages passer. Où que même, si je veux, je pourrais décider de redescendre la montagne et de retourner au chaud. Près de ce que je connais. Comme à chaque fois, je regarde chaque pas, plutôt que l’endroit où je veux aller. Pour le moment, il me paraît trop haut. Trop loin. L’écart est trop dangereux à traverser.

Je ne sais pas ce que je vais trouver.

& puis je suis déjà tombée. J’ai déjà sautée. Persuadée que là-bas, de l’autre côté, ça IRAIT. Sauf que j’avais juste oublié, que partout où j’irai, je m’emmènerai. Pourtant en théorie, c’est un truc que je sais. Pour les autres. Mais on est tellement moins perspicace, quand il s’agit de s’auto-analyser. Je suis remplie de questions. Je ne trouve plus aucune réponse & j’ai décidé de ne rien forcer.

& quand c’est le cas, je n’ai qu’une seule solution.

MARCHER.

C’est ce que j’ai fait toute ma vie. Il y a des MARCHES & des chemins qui ont un sens particulier. & à chaque fois je ne peux pas m’empêcher de faire le parallèle avec ce qui se passe quand on est VIVANT et qu’on avance. Il y a 5 ans, je m’apprêtais à faire mon premier saut dans le plein. J’allais ouvrir le premier Magasin de MOTS. C’était houleux. J’avais besoin de m’éclaircir les idées. Je suis donc aller MARCHER. Voilà ce que j’en disais. C’est troublant de lire à quel point tout est là, & de constater à quel point on s’obstine à s’en éloigner. Comme il y a 5 ans,

au moment de tourner pour suivre

le chemin qui est le mien, j’ai eu peur.

Mais cette fois, c’était ma peur à moi. J’ai entendu une sorte de grognement dans la forêt. On est au mois de juillet. J’imagine que les laies ont fait leurs petits. & autant te dire, que tu as plutôt intérêt à NE PAS croiser une laie avec ses petits. J’ai ramassé une pierre en forme de pistolet. Une pierre, contre une laie en colère. C’est te dire à quel point la peur nous fait faire des absurdités. J’ai sursauté à plusieurs reprises sur le chemin en entendant des bruits de feuilles froissées. J’ai repris le même chemin que celui dont je te parlais dans cette note à l’époque. Je fais ma relou à te remettre le lien, mais je pense que fatalement il y a un intérêt à lire la continuité du chemin.

C’est mon chemin

Mais j’imagine, que tu dois pouvoir trouver des passages parallèles avec le tien.

 

Tu le vois?

Non. Tu ne le vois pas. Je l’appelle le chemin des biches. Il est invisible pour d’autres que moi. C’est un tracé infime dans la végétation. Je le retrouve à chaque fois. Pour d’autres, je pense qu’il ressemble à un sous-bois mal entretenu. Moi je ne trouve pas. Biensûr je pense à tous ces posts à propos des tiques, ces parasites. A la maladie de lyme. Cette maladie qui essaye de prendreA ceux qui en sont porteur, avec tout ce que ça implique. Mais par chance, avec tout le temps que je passe en forêt, je n’en ai jamais attrapé un seul. J’aimerais pouvoir faire un parallèle avec la vie, ici. Mais je mentirais. Arrivée là, je me retourne.

Aucune trace visible du chemin

que je viens d’emprunter.

Il y a eu du soleil, du vent et de la pluie.

Des tempêtes.

La végétation a poussée.

Il y a eu du vent.

Des arbres sont tombés.

Ca fait des obstacles qu’il faut surmonter.

Mais bizarrement, les arbres sont des obstacles voyants,

qu’il est facile d’escalader.

Avec les ronces, c’est plus compliqué.

Alors que tu tentes d’en éviter une, une autre s’accroche

à tes vêtements pour t’empêcher d’avancer. Au risque de te blesser.

 

J’ai posé ma pierre par terre

à chaque fois  que je voulais photographier

l’endroit où j’étais.

J’avais décidé de la garder.

Pour aller la déposer à un endroit particulier.

 

J’ai retrouvé la petite trace qui marque le chemin que je connais.

La ligne du désir

Comme l’appelle les jardiniers.

En bas, la rivière coulait.

Invisible,

cachée par les hautes herbes qui l’entourait.

J’ai retrouvé la route que je connaissais.

J’ai regardé sur ma droite,

la cathédrale de lumière

que je voudrais partager

dans mon Musée du Merveilleux.

Si tant est qu’il existe un jour.

Ailleurs que dans mes carnets à idées.

Il ne tient qu’à moi.

& je ne suis plus certaine que cette idée

aille dans le sens de ce que je suis en train de dessiner.

Au bout de ce chemin, une chaîne.

Sur la chaîne un panneau rouge et blanc, voyant :

PROPRIETE PRIVEE

Ce chemin il appartient à quelqu’un, à la fin.

Quelqu’un qui a décidé de privatiser la forêt.

Mais ce chemin c’est, et ce sera aussi, toujours le mien.

J’ai la propriété du coeur.

& dans mon coeur,

ce CHEMIN c’est le mien.

Au bout du chemin,

au sortir de la forêt

le ciel bleu & les nuages apparaissent.

& quelque part sur le côté, au pied d’une fleur,

j’ai déposé ma pierre.

J’ai dit :

ça suffit.

& puis j’ai pleuré comme une enfant.

Assise dans l’herbe.

Face à cet endroit où on ne voit

aucune trace de vie humaine,

& où pourtant tout vit.

 

PS: J’ai décidé d’arrêter de faire des cookies. Il a dit:  J’ai envie de gros cookies. J’ai voulu faire plaisir. Accéder à cette envie.  J’ai essayé. J’ai raté. J’en ai fait. Refait. Je suis devenue experte en texture de pâte à cookies. & puis il semblerait qu’ils soient toujours trop comme ci. Ou pas assez. Alors je me suis dit que j’avais essayé de faire plaisir. Mais que je ne sais pas doser. Ça n’a pas marché. Parce qu’aussi bien que tu veuilles faire, c’est toujours possible de trouver quelque chose à te reprocher.  J’en referai pour mon plaisir à moi. Quand je l’aurai décidé.

RE-PS: Ce soir on va chercher le chaton qu’on a adopté. On l’a décidé, il y a deux mois. On avait dit, que quand on aurait une maison à nous, on aurait un chat. On n’aura pas de maison. Mais j’ai décidé que le chat, lui, on l’aurait. C’est un petit chat noir de sorcière comme Gobolino. Comme depuis des mois, tout se casse la gueule autour de moi, j’ai aussi décidé que si cette décision-là aboutissait, ce serait le début d’autre chose, autrement & que la chkoumoune allait s’arrêter. C’est une lourde charge à mettre sur les épaules d’un chaton, mais que veux-tu, parfois on se crée des talismans pour pouvoir avancer.

RE-RE-PS: Si je te dis qu’on devait l’avoir mercredi. Mais que je suis tombée en panne de voiture, mardi. Juste après avoir appris que, par un concours de circonstances totalement absurde, je vais devoir rendre ma presse à imprimer. Le coeur de mon atelier. C’était à un ami de mon père. Ils se sont fâchés pour des histoires de Q. Mon père me l’a donné. L’ami l’a appris. L’ami veut la récupérer. En ce moment, je ris & je pleure régulièrement en même temps, devant l’absurdité des situations auxquelles je suis confrontée. J’avais décidé de me délester d’une partie de mon matériel. Je pensais pouvoir choisir ce que je laisserais partir. C’est d’une prétention à faire rire.

RE-RE-RE-PS: Je me sens comme un enfant qui jusqu’ici, aurait joué à ON DIRAITQuand j’étais petite, je jouais au BUREAU. J’avais plein de papiers, que je remuais. Un faux ordinateur, un faux télpéhone & je prenais l’air concentré. Mais je n’avais qu’une très vague idée de ce que faisaient les gens qui allaient dans un bureau. Je ne comprenais pas bien en quoi ça consistait. & ce que ça coûtait.

Je crois que j’ai fait pareil avec l’idée de LIBERTE.

Un jour, il faut arrêter de faire semblant pour vraiment comprendre les tenants et les aboutissants intérieurs.

Un jour, il faut arrêter de faire COMME SI.

Un jour, il faut arrêter de jouer à ON DIRAIT

qu’on saurait ce que c’est les apparences de la liberté.

UN JOUR il faut se mettre à l’incarner.