Publié le 23 Sep 2018 | 5 commentaires

Le monde est fou mais le monde c'est nous Graine de carrosse

Comme très souvent, je commence cette note sans très bien savoir ce que je veux dire, ni comment je vais le dire. Ca fait bien longtemps que j’ai laissé tomber l’idée de faire un planning de mes publications et autres organiseurs de pensées. Dans la mesure où je n’ai pas crée un CONCEPT, que j’essayerais à tout prix de te refourguer, je ne vois pas pourquoi je planifierais quoi que ce soit. Dans l’idée, personne ne se promène avec un cahier, où il a noté les choses qu’il va dire aujourd’hui. Enfin pas que je sache? Enfin, ça m’inquiéterait de le savoir, en fait.

Je n’ai pas de plan marketing. Je ne calcule pas ce que je te propose. C’est sans doute pour cela que financièrement ce n’est pas encore l’Eldorado. Mais je ne me vois pas faire autrement. & même mieux que ça, je crois que c’est parce que je suis comme ça, & que je l’assume,  qu’un jour ça marchera.

INCH ALLAH. Ou INCH moi-même, plutôt.

Ce que je voulais aborder avec toi aujourd’hui, c’est que:

Je ne sais pas toi, mais je vois de plus en plus de gens perdus. 

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Quand je dis perdus, ce n’est pas dans le sens paumés. Parce que paumés, c’est chouette. Paumés, ça veut dire que peut-être, on va tomber sur quelque chose qu’on n’attendait pas. Où dont on ne savait même pas que ça existait.

Non, quand je dis perdus, c’est perdus en eux-même. Comme si quelque chose en eux, les empêchait de voir, ou même de chercher la sortie. & ce ne sont pas les personnes, les plus apparement déjantées, dont je parle.

Au contraire, souvent ces gens se promènent avec le costume de la normalité.

Je vis des expériences enrichissantes au Magasin de MOTS. Mais ces derniers temps, l’écart se creuse entre la richesse de certaines rencontres & l’incompréhension que font naître les autres.

Parce que ces gens perdus, la seule chose qu’ils ont oublié, c’est qu’ils ont déjà la solution pour trouver leur direction.

& qu’elle n’est pas bien loin. Aujourd’hui j’ai appellé ça: BOUSSOLE INTERIEURE. Demain j’appellerai ça l’intuition. Va savoir. Mais tu comprends l’idée quoi? Les gens ne s’écoutent pas. Ou alors ils s’écoutent, mais ils font comme si cette petite voix n’était pas là.

Et il laissent ceux qui parlent le plus fort, ou de façon plus élaborée, prendre le pas sur leur propre voix/voie. Ou pire. Ils laissent la masse décider. Partant du principe, que s’ il y a beaucoup de gens qui le font, et depuis longtemps, c’est que c’est bien.

LES CONS. Faut quand même se noter quelque part qu’il y a  des gens qui ont élu TRUMP.

Je rencontre des gens. Beaucoup (TROP, en ce moment j’ai le cerveau qui grésille, c’est pas bon signe) de gens. D’ou la non-organisation totale de cette note d’ailleurs.

Samedi dernier, c’était la journée sans voiture à Nancy. La ville où j’ai installé mon Magasin de MOTS. Je pense que l’idée de base était de ramener les piétons au Centre ville.

Bon, dans le cas de la rue du Magasin de MOTS, ça n’a pas eu l’effet éscompté.

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Peu importe. Je ne suis jamais perdue, quand je suis là-bas. & grâce à Ma BOUTIQUE en LIGNE, (PAF, placement de produits. Tu noteras la subtilité de la meuf) même si je ne vois personne, ça ne veut pas dire que je ne travaille pas.

BOUSSOLE avec le SUD au NORD

& le NORD au SUD, mais ayant une direction: 

Une fille est entrée, en me disant qu’elle était curieuse et qu’elle venait voir ce que je proposais. Comme à chaque fois que les gens utilisent cette clef, je lui ai dit que:

LA Curiosité,  c’était la meilleure excuse pour rentrer. On a commencé à discuter. Des MOTS, de la MAGIE. Des gens, qui pour la plupart sont des MORTS VIVANTS. De JUSTESSE. D’équilibre. D’être soi, quelque soi ce que ça implique. On a parlé une heure et demi. Au bout d’une heure, elle m’a appris qu’elle était diagnostiquée psychotique. Je ne sais pas très bien ce que couvre cette étiquette, & je n’ai pas cherché. Je m’en fous un peu, à dire vrai. Ce que je sais, c’est que du point de vue de la société, ça rime sans doute avec inadapté. Mais ce qui me trouble à chaque fois, c’est la sensation de normalité que j’éprouve en discutant avec des gens, que d’autres qualifieraient de décalés. Mise à part un moment de son discours, que j’ai arrêté rapidement quand elle a abordé la question de l’homosexualité (Elle essayait de trouver des causes à l’homosexualité).  Je lui ai donc dis que je n’irais pas sur ce terrain avec elle. & que pour moi, il s’agissait juste de parler d’aimer et d’être aimé. Mais ça, j’ai déjà eu à le faire par ailleurs, avec des gens de toutes sortes. Mais pour le reste, je la comprenais. Mieux que ça, il y avait beaucoup de similitudes dans nos façons de penser le monde. Elle a su m’expliquer sa réalité. Ce qu’impliquait le fait d’être elle, avec ce qu’elle avait dans la tête. & ça me fait toujours moins flipper, que la plupart des gens BIENS insérés dans la société, qui jouent un jeu, dont ils ont appris les règles sans même les avoir intégrées.

Sans les questionner.

Sans se demander si ça correspond à ce qu’ils voudraient.

Les C’EST-COMME-ça, les FAUT-S’Y-FAIRE. Les QUE-VEUX-Tu, c’est-comme-ça-que-ça-a-toujours-fonctionné. Les-PAS-révolté.

BOUSSOLE pétée: 

En début de semaine, j’avais la réunion de rentrée de notre fille, Zélie.

(Tu vas voir où je veux en venir plus loin).  Accroche-toi au pinceau, je retire l’échelle.

Elle m’avait parlé, dés la rentrée du système de gratification de son maître. J’avais peur de comprendre, donc j’attendais impatiement la réunion, pour m’assurer que j’avais mal compris, ce qu’elle me disait. En gros, le système de BONS POINTS (déjà ça, on pourrait en discuter) dans sa classe, a été remplacé par des faux euros en papier.

OUI, OUI, tu as bien compris.

Tu travailles BIEN, tu as des euros. Tu ne travailles pas bien, on t’en retire. Tu te comportes BIEN, tu as des euros. Tu ne te comportes pas bien, on t’en retire.  J’avais commencé à soulever le problème avec d’autres parents de la classe, qui n’avaient pas l’air de trouver que c’était un problème, jusqu’à ce que je leur présente la chose de la façon suivante:

OK, donc quand t’es sage, tu gagnes de l’argent? & quand tu n’es pas sage, tu en perds.

DONC que dire à ma fille?  Moi qui ne me paye pas depuis plus d’un an? Que je ne suis pas assez sage, c’est ça?

(Beaucoup de gens autour de moi essayent, d’ailleurs de me l’expliquer en terme plus élaborés commençant toujours leur phrase par: Mais qu’est-ce que tu crois Gaëlle? Comme si j’étais une enfant. Ce que de mon côté, je trouve plutôt rassurant).

Certains ont tenté de me répondre : que veux-tu la société est comme ça, autant les habituer! Ce qui a produit un phénomène assez rigolo dans mes narines: à base de fumée!

SERIEUSEMENT, les mecs?

& donc, à 7 ans, il faut déjà que tu sois dressée à adapter ton comportement à l’argent?

J’ai donc posé la question à l’instit. Qui s’y était préparé. Il m’a gentiment envoyé chié. Et il m’a allègrement menti, puisqu’il m’a dit que ça n’était pas lié au travail, mais uniquement au comportement. Ce qui est FAUX, puisque je demande régulièrement à Zélie et à son petit pote, les raisons qui font que des euros leur ont été retirés. Pour certain dans la classe, c’est parce qu’ils ont voulu boire, ou aller aux toilettes en dehors de la récré. CQFD.

Affaire totalement non classée. & à suivre.

BOUSSOLE à ajuster:

Un jour une dame, d’une soixantaine d’année est rentrée au Magasin de MOTS, pour me demander si je prenais des objets. Comme ça arrive souvent, qu’on me contacte pour me proposer des objets de récup’, je lui ai dit que OUI parfois, mais que si je les achetais pour les mettre dans le Magasin, il fallait qu’il y ait des MOTS dessus. Un mois plus tard, j’arrive au Magasin. Elle m’attend avec deux cabas. Dedans un bric à brac de mugs à fleurs kitchs, de tasses à cafés Capuccino, un rasoir pour femme des années 50 (?), et deux cassettes. Elle me déballe le tout. Et à la fin je comprends, qu’elle veut me les vendre. Et que vu ce qu’elle me propose, elle doit avoir besoin d’argent et de dignité. Je propose de lui acheter ses tasses 10 euros. Je lui explique en lui donnant, ce que ça me coûte à moi. Que ça fait un an, que je ne me paye pas. Que je ne peux pas faire de courses pour ma famille. & qu’elle ne doit pas croire que je pourrai le faire toutes les semaines. Je lui redis au moins trois fois.  Elle me laisse les deux cassettes en cadeau.

Oui, oui, des cassettes. Comme dans les années 80.

Elle s’en va. 10 minutes plus tard, elle revient.

Elle me demande de lui redonner une des tasses en souvenir. Elle me jure qu’elle me ramènera un euro. Je lui propose de lui rendre les tasses. Elle me dit que NON, juste une, la verte en souvenir. Je lui redonne la tasse, et lui dit de laisser tomber l’euro qu’elle veut me donner, mais que maintenant il faut y aller.

Elle s’en va. 10 minutes plus tard, elle revient.

Elle me temps un euro. Et une tasse sur laquelle est inscrit le prénom « Magalie ». En me demandant de lui racheter et de lui laisser l’euro qu’elle a du mendier me dit-elle (culpabilisation quand tu nous tiens). Je commence à être un poil agacée, étant donné qu’il y a des gens dans le Magasin, et que je suis en train de parler d’un projet de faire part, qui me plaît à fond. Je lui laisse l’euro, et je lui répète que je dois travailler.

Elle s’en va. 10 minutes plus tard, elle revient.

Un peu plus agressive, elle revient en m’accusant de ne pas lui avoir donner la bonne tasse. Elle m’avait demandé la verte. Je ne lui ai pas donné  la bonne.

Là, je commence vraiment à être furax. Je lui ramène les tasses. Il n’y en a aucune de verte. Elle commence à argumenter en mode: Mais moi, en plus je vous ai laissé des cassettes en cadeau. What? (comme dirait Zélie). Je lui réponds que, maintenant ça suffit. Que j’ai du travail. Et là, une petite fille de trois ans dans les bras de sa Maman dans le magasin, lui demande pourquoi elle est méchante la dame? En parlant de moi.

Et PAN. Oui, c’est vrai ça, pourquoi?

Vas-y la Marchande de MOTS, va ajuster ta boussole en forêt. Tu reviendras, quand tu seras calmée.

BOUSSOLE FOLLE: 

Une manageuse de la Communication & du marketing de la vente de trucs-à-des-clients-qui-n’en-veulent-pas-mais qui-vont-l’acheter-quand-même, m’a contacté par Facebook.

Pour me proposer la chose suivante:

Bonjour, je me permets de vous contacter car je travail dans le magasin Gna gna gna. Au mois d’octobre cela va faire un an que nous sommes ouvert et pour cette occasion nous faisons une tombola. Le but est simple, si un client gagne un lot il doit venir dans votre enseigne pour le récupérer. Nous souhaitons faire un partenariat avec des magasins de la région qui mérite d’être connu et ainsi vous faire de la pub. Merci d’avance de votre retour. Bonne journée Cordialement.

Tu me crois ou pas, j’ai failli répondre OUI. De l’importance de prendre le temps de poser sa boussole, pour qu’elle retrouve le NORD. Mais finalement, j’ai répondu ceci:

Capture Conv Facebook

BOUSSOLE intérieure parfaitement ajustée:

Ce même jour, une dame est rentrée. Elle était super contente de découvrir le principe du Magasin de MOTS. & la possibilité d’organiser des ateliers dans sa structure. Elle faisait partie d’une association d’accompagnement aux adultes en situation de handicap. & oui, pas aux personnes handicapées. Parce qu’ils ne se résument pas à ce trait de personnalité. Elle est restée en tout et pour tout 5 minutes, et m’a recontacté le lendemain. Elle m’a expliqué qu’ils font un marché de Noël, tous les ans et que ce serait super, de faire des cartes à partir des phrases des résidents, qu’ils ont récolté (les phrases, pas les résidents). Elle m’envoie un lien, que je vais partager avec toi.

Parce que j’ai vécu un MOMENT de grâce, quand je les ai épluché, ces MOTS.

Je t’ai fait une sélection. Mais s’il-te-plait, va les déguster directement dans la boîte, je crois que tu vas kiffer ta race.

 

 

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C’était un matin, où le Magasin de MOTS était fermé.

J’ai pris le temps de lire chacune de ces phrases, et j’ai pleuré.

Savoir qu’il existe tant de justesse dans le monde, chez quelques uns, ça m’a réconforté.

Savoir que les ciseleurs de ces phrases sont considérés comme en marge, m’a interrogé.

Chaque phrase, mériterait d’être imprimée et relayée.

L’amour, qu’il a fallu pour les récolter.

Le monde, dit sans filtre, tel qu’il est perçu.

La justesse incroyable, dans ce que d’autres qualifieraient, d’erreurs de langage.

Tout ça m’a soulevé.

Je me suis empressée de rédiger un projet.

Et maintenant, je croise sincèrement les doigts pour qu’il soit accepté.

Parce que c’est avec ces gens là, moi que je veux travailler.

Les gens qui voient & disent le monde comme ça.

Pas avec ceux qui sont déguisés en gens qui savent & qui vont t’expliquer.

Je veux des doutes, & des fragilités.

Alors suite à ça & uniquement dans le but de me faire plaisir, je me suis fabriquée celle-ci:

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Parce que les MOTS que j’imprime, me servent de BOUSSOLES, quand je me perds en route.

& que d’après mes observations (totalement empiriques), la RAISON, fait souvent faire de la MERDE.

Alors que MA BOUSSOLE intérieure, elle, elle sait. Il suffit de prendre le temps de l’écouter.