Posted on 9 Mai 2014 | 3 comments

Il y a une question qui revient souvent dans ma tête en ce moment c’est la question de LA PERFECTION.Il y a le niveau que je souhaite atteindre. Ce que tu me dis de mon travail. Ce que je pense de mon travail.  Ton niveau d’exigence et le mien. J’ai des retours positifs et enthousiastes sur mon travail et des retours plus mitigés. Ou pas de retour du tout. Ce qui équivaut en général à la même chose. En ce moment je me sens un peu comme coincée sur un palier. J’ai une idée précise du niveau de qualité que je voudrais atteindre techniquement. A l’occasion j’ai partagé sur les réseaux sociaux des exemples de ce que je voudrais savoir faire un jour et j’ai parfois été heureusement surprise par vos réactions. Et me permettant une fois encore de me remettre en question. Certain d’entre vous ont râlé en me disant que mon but à atteindre ressemblait furieusement à du travail que pourrait faire une machine.  Il paraît que si tu aimes mon travail c’est aussi pour son côté imparfait et pour le fait qu’on voit que c’est du fait main. AH OUAIS? J’ai donc raison de penser que plus que la forme ce que tu trouves chez moi c’est le fond?

Si j’ai crée Graine de Carrosse c’est pour pouvoir m’inscrire dans une démarche d’évolution progressive mais constante. Évoluer implique des remises en cause quasi permanente et beaucoup de moments de doutes. Ce n’est pas toujours confortable mais qu’est ce qu’on se sent vivant. Exactement comme en face de ton enfant.

Pour moi le parallèle est grand entre le projet de fabriquer et de faire grandir un enfant et celui de créer et fabriquer son propre emploi.

C’est vrai quand on réfléchit bien quelles sont les RAISONS OBJECTIVES que l’on a de faire UN ENFANT? Objectives j’ai dit? J’avais des grasses matinées, j’avais le temps de lire, le temps de penser. Je n’avais pas un petit être qui répète en permanence “Maman, Maman, Mamaaaaaaaaaaaaaaaannnnn, Mamannnnnnnnnnnnn” pendant que je parle à mes copines et qui me prend le visage pour que je la regarde ELLE plutôt que d’e me laisser avoir une conversation avec un autre adulte. J’avais un amoureux à moi toute seule, et des soirées ciné. Je prenais des cuites et je pouvais lire jusqu’à point d’heure sans calculer.  J’avais des brunchs à 14h et des journées à glander.J’avais le temps de marcher et de réfléchir, réfléchir, réfléchir. TROP réfléchir. Et pas assez AGIR.

De la même façon je pourrais m’interroger sur les raisons objectives que j’ai eu  de créer une entreprise? J’avais un emploi stable. Confortable dirait certains. J’avais la sécurité. Je pourrais m’empresser de démontrer à quel point ce n’est pas le cas mais ce n’est pas le sujet aujourd’hui. J’avais un salaire fixe qui tombait tous les mois et des horaires réguliers qui me permettaient de mieux m’organiser. J’avais des dimanches et des lundis libres. J’avais des gens qui m’explqiuaient comment je devais réagir et penser. J’avais aussi un beau PRURIT nerveux.

ALORS POURQUOI me diras-tu, POURQUOI avoir fait ces choix là? Pour continuer à vivre mais  MIEUX. Et personne n’a dit que c’était simple et confortable de faire ce chemin là.

J’avais la sensation intuitive que ça allait forcément être mieux dans les deux cas.

Et tu veux savoir la vérité? Et bien c’est le cas et c’est toute la magie de la chose. Contre toutes les apparences depuis que je me suis offert la possibilité d’avoir les deux, je peux dire que ma vie, c’est MA VIE mais EN MIEUX.

Des raisons subjectives et affectives d’avoir un enfant je peux t’en lister des tonnes maintenant. Se lier pour la vie à la personne qu’on aime. Faire avec elle quelque chose que l’on a fait avec personne d’autre avant. Voir à quoi ressemblera la personne qui naîtra de cet assemblage . Et pour moi et cela ne vaut que pour moi, avoir un enfant c’est aussi la possibilité de se laisser bousculer et l’assurance de continuer à évoluer. Attention je ne dis pas que lorsqu’on n’a pas d’enfant ce n’est pas le cas. Je dis juste que pour MOI avoir un enfant m’offrait cette chance là. Je me suis dit que j’allais devoir lui expliquer le monde ou en tout cas lui donner les clés pour y évoluer. Pas que j’ai lé prétention d’avoir compris grand chose mais je me suis dit que je pourrais sûrement lui communiquer ma JOIE d’être là. Ma Joie d’avoir conscience que ça ne durera pas toujours et ma JOIE d’agir en conséquence. Je n’ai pas ce truc de vouloir laisser une trace, ou de laisser un héritage. Zélie n’est pas moi, et je considère que notre travail et de la conduire à devenir grande et heureuse au point qu’un jour elle pourra continuer son chemin en s’éloignant physiquement de nous. Je suis heureuse pour elle qu’elle soit là. Et heureuse pour nous et pour les sourires qu’on échange avec son papa au dessus de ses bêtises d’enfant.

J’ai crée mon entreprise pour les mêmes raisons. Me bousculer. Me questionner. EVOLUER.

Et des raisons subjectives et affectives d’avoir une entreprise je peux aussi en lister des tonnes à présent. Ce n’est pas raisonnable, ce n’est pas choisir la sécurité. C’est choisir de ne pas avoir peur de tomber. C’est choir de ne pas avoir PEUR. C’est CHOISIR

Tu sais il y a cette phrase qui dit que L’important ce n’est pas la destination c’est le chemin que l’on parcours pour y arriver. C’est un peu ma vision de LA PERFECTION. C’est un but à atteindre mais ce que j’aime par dessus tout c’est le chemin qui va me mener à elle. J’espère qu’il sera le plus long et le plus riche possible. J’espère ne jamais vraiment arriver. J’espère que tu continueras à être indulgente avec moi et à m’aimer même si je ne suis pas parfaite. A m’aimer PARCE QUE je ne suis pas parfaite. Et PARCE QUE tu ne l’es pas non plus on va y aller ensemble. C’est pour ça qu’on va s’aimer et apprendre à cheminer.

Je suis pas parfaite, je ne le serai jamais sans doute jamais. Je me trompe. Je rate. Je fais des trucs cracra dont je ne suis pas fière et des trucs qui me font monter les larmes aux yeux sans que je m’y attende. Parfois je m’énerve. Parfois je suis dépitée. Parfois j’ai envie de tout arrêter. Mais si je me le permets c’est parce qu’au fond je sais que je ne le ferai jamais. Je joue avec l’idée. Pour ces moments de grâce que je mets ensuite dans des boîtes pour toi. Je ne sais pas comment l’appeler ce truc imparfait mais vrai. Mais ce soir j’ai eu un signe qui m’a fait me dire qu’il faut continuer à semer. Qu’un jour tout ça finira par germer.

J’en envoie dans un peu dans ma lettre du vendredi. Si tu en veux tu peux t’inscrire ci-dessous:

 

Et ce soir Frédérique j’ai une pensée pour toi. Si je te dis que j’ai commencé à rédiger cette note avant de te lire je sais que tu comprendras.