Posted on 20 Mar 2020 | 6 comments

 

 

 

 

Cher Journal,

Ça y est ! J’y suis enfin arrivée. Ca peut paraître incroyable quand je repense aux années passées. Mais cette fois, ça y est. Au bout de dix ans, j’ai enfin réussi mon pari. Je vis complétement grâce à mon entreprise (et grâce au soutien de Julien dans ces années difficiles). Mon entreprise génère enfin les 33 000 euros par an qu’on m’avait annoncé au départ, si je voulais me payer 1000 euros.

Et du coup, depuis un an je me paye 1000 euros par mois. Je rembourse la moitié de l’emprunt de la maison de nos rêves qu’on a trouvé en Mars 2020 après trois ans de recherche. (En plein confinement dû au Coronavirus). Je suis aussi en train d’acheter la petite maison qui me sert d’atelier. Je peux enfin regarder les gens dans les yeux, et leur dire Oui, oui ça marche” . Enfin, j’en ai beaucoup moins l’obligation qu’avant, vu que je me suis ménagée une vie bien à l’abri des gens, justement.

Je peux aussi offrir  des vacances à Julien & Zélie. Deux fois par an et les emmener en week-end surprise. Depuis que j’ai pris la décision de faire uniquement ce que je veux et d’arrêter les commandes et le sur-mesure. Maintenant je gagne de l’argent uniquement en vendant mes créations, et en animant des ateliers.

Le matin je me lève, je me douche. Je réveille Zélie. On petit-déjeune. Je l’accompagne à l’école et je descends jusqu’à ma petite maison-atelier aux étoiles. Je travaille à préparer les commandes et je vais à la Poste les envoyer. A midi, je récupère Zélie. On va manger toutes les deux à la maison. Elle file jouer dans le verger derrière la maison, et moi je lis un peu.

A 13h45, on retourne à l’école pour Zélie et à l’atelier pour moi.

De 14h à 16h30, je fabrique de nouveaux Objets poétiques inspirés par l’actualité. Une discussion avec quelqu’un, ou un truc qui m’a énervé. (Bien que depuis que je limite mes réseaux sociaux à un usage pro, cela va beaucoup mieux). Mais parfois je fais Atelier-Buissonnier et je vais marcher. A 16h30, on goûte. Zélie retourne jouer dehors dans sa cabane. Je réponds à quelques mail depuis la maison. Je programme ma journée du lendemain en fonction, & je me en off, jusqu’à demain matin.

Mes semaines sont assez routinières. J’aime bien ça. Ça libère ma créativité. Je travaille le lundi, mardi, jeudi et vendredi. Un peu le mercredi sur Internet à la maison. & les autres jours, je me les offre. A moi, où à mes amies ou ma famille.

Une fois par mois, je dois sortir de ma grotte et de mes forêts pour aller animer un atelier dans une école, un lycée, une médiathèque, un musée…etc. Mais maintenant, ça ne me fait plus violence, car je suis contente de rencontrer du monde. Surtout quand ce sont des ados ou des enfants. Le reste du temps, je respecte mon introversion et ma routine. Ça me va bien au moral et à la tranquillité.

Deux fois par an, on loue une chouette maison.

Une fois en hiver.

Une fois en été. Et on part tous les trois à l’aventure.

Depuis que j’ai dit NON à la plupart des sollicitations, je ne travaille plus qu’avec de supers clients. Ce sont de grands enfants, qui aiment être émerveillés et veulent à leur tour, émerveiller les gens de leur environnement.

Je n’ai évidemment pas d’équipe pour travailler. J’ai un solide lien avec une paire d’entrepreneurs avec qui je travaille sur les collections que je veux développer. Et puis je retrouve Fred pour certains projets.

Mon travail impacte le monde en le secouant tout doucement. Avec FORCE, mais GENTILLESSE, il lui dit :

«  Allez viens on va changer en DOUCEUR »

Même si, honnêtement LE CONFINEMENT de 2020 à bien aider à accélérer ce chemin. On a tous pris conscience de beaucoup de choses à ce moment-là.

DES CHOSES ESSENTIELLES

& on n’a plus jamais été pareils après. POUR LE MEILLEUR, évidement.

J’ai eu la chance d’être contactée par Télérama. Ils veulent parler de mon travail. Et puis en ce moment même, on tourne une capsule audio pour les PIEDS SUR TERRE sur France Culture. Je n’ai pas encore réalisé mon rêve de passer chez Augustin. Mais j’ai une vie devant moi.

J’ai tout un tas d’amis et de collègue EXPLORATEURS du MERVEILLEUX. Je les admire beaucoup. Pour ce qu’ils font et ce qu’ils sont (Tcé-Tcé, Nac’Imagine, Shirley Chiche, Galingale, Karine Maincent, Anne-Laure Charlier…etc).

Et puis, il y a ceux avec qui je ne travaillerai JAMAIS. Car quand le coeur n’y est pas, ça ne sert à rien de se forcer.

Ma petite maison-Atelier me ravit. Elle fait un angle de rue en face de la Mairie (& près de la Poste, ça c’est parfait). Au rez-de-chaussée il y a mon atelier d’imprimerie. Au premier étage, l’espace  Boîtes & Paillettes. & au dernier étage, sous les toits il y a mon ESPACE à RÊVER. Mes LIVRES, dans un nid douillet sous les toits. Et puis, j’ai fini par avoir l’autorisation de la Mairie pour faire des étoiles sur ma façade et sur le pignon blanc. DES ETOILES DOREES.

Ce n’est pas que je sois FAN des demandes d’autorisation, mais bon là, je suis en face de la Mairie, c’était compliqué d’y échapper ! J’aime ma petite maison-atelier. Mais j’aime aussi la quitter. Parfois on me fait venir pour raconter et expliquer ce que je fais et comment je le fais, dans des écoles, des universités. J’aime bien aussi voyager. Je dois bien dire que je suis reconnaissante pour beaucoup de choses, mais il y a surtout ces 5 la, en particulier :

-Je suis reconnaissante de n’avoir rien lâché, même quand tout et tout le monde (même moi) me disait d’arrêter.

-Je suis reconnaissante à Julien d’avoir continué à me soutenir même quand il n’y croyait plus et qu’il s’impatientait.

-Je suis reconnaissante d’avoir su me délester, même de choses, ou d’un endroit que j’aimais.

-Je suis reconnaissante de ne PAS avoir laissé la peur gagner.

Honnêtement, il y a une longue période où je ne pensais jamais pouvoir dire ça, mais je suis tellement heureuse de faire ce que je fais. Je n’aurais pas pu faire autrement que de faire toutes ces erreurs, mais je suis assez contente de les avoir arrêtés. Et d’avoir eu la force de m’avouer, que même ce qui n’en était pas en apparence…me pesait.

 

Maintenant, je VOLE et c’est LEGER.

Gaëlle