Posted on 19 Juin 2020 | 4 comments

Mon grand-père, Papi Robert quand il avait bien picolé dans les repas de famille, se mettait à chanter:

AVOIR UN BON Côôôpain,

voilà ce qui a de MEILLEUR

au MONDEEEEEEEEEEUHHHHH! 

Ne va pas te fourvoyer dans tes pensées. Mon grand-père est un de mes modèles, en droiture, en honnêteté & en justesse. Mais au repas de famille, il aimait bien faire le pitre, comme dit ma Grand-mère, sa femme donc (99 ans et toujours là, autonome chez elle, à dire que pas grand-chose ne va).

Pourquoi je te parle de ça?

Parce que lundi, on vivait notre meilleure vie avec Zélie.

On faisait le TOUR DU VILLAGE où j’ai grandi. (Si tu cliques sur la photo, tu auras un tout petit extrait).

Le seul endroit au monde où je me sens en paix & à ma place. Quand on est là-bas, toutes les deux, on prend la petite remorque à main. Elle met son siège de jardin en plastique dessus. Elle prend SON bâton. Moi je la pousse, en me plaçant derrière elle. Comme ça, elle peut faire comme si elle faisait avancer la remorque elle-même, avec son bâton. Nous cheminions donc au milieu de la route, vu qu’il y a peu de voitures. & que quand il y en a, on se pousse & puis voilà.

& tout d’un coup, un peu sans lien avec la choucroute,

Zélie me dit: Tu sais c’est bien d’avoir DES COPAINS IMAGINAIRES.

Moi je lui dis: AH BON, pourquoi?

Zélie: Bah parce que ça fait du bien, quand je n’ai pas trop le moral ils me le remontent.

Moi: (Sincèrement intéressée) Ah? & comment ils font?

Zélie: Et bin, ils font des petits spectacles pour m’amuser. & puis c’est pratique, parce que je peux les agrandir & les diminuer selon ce que je veux faire avec eux.

Alors, je me suis dit qu’il y avait vraiment quelque chose à creuser de ce côté.

& comme j’ai une spécialiste du Copain Imaginaire sous le coude, on va lui demander comment on fait pour les recruter, et tout & tout.

Parce que qu’après tout, nous aussi, on aimerait bien avoir des copains imaginaires qui nous font des petits spectacles non?

Mais des VRAIES BONS COPAINS IMAGINAIRES hein!

Pas de ceux qui ont été inventés par les HOMMES, pour faire faire aux autres HOMMES, ce qu’ils veulent, & qu’on appelle des DIEUX.

(Sauf mon respect. Tu crois ce que tu veux. & en termes d’AMIS IMAGINAIRES, on fait bien comme on veut. Mais moi franchement, je n’ai jamais mangé de ce pain-là. Sauf quand il fallait rigoler au catéchisme avec mon copain Mathieu. Le catéchisme, j’y suis allée deux fois vers 10 ans. J’étais vénale & bien tentée par l’idée des cadeaux qu’on reçoit à sa première communion. Une chaîne HIFI, & une gourmette à l’époque souvent.

J’ai demandé à ma mère pour y aller. Elle a rigolé.

Elle m’a dit: Ah bah oui vas-y, tu fais comme tu veux, va te faire un avis.

J’y suis allée deux fois. J’ai ricané quand la dame disait: “Sainte MARIE MERDE DIEU”. & puis je crois que j’ai trouvé que ça coûtait cher en liberté, de passer mon mercredi après-midi à écouter ces histoires, qui me paraissaient assez improbables, & même pas très rigolotes à écouter).

NON.

Nous ce qu’on veut C’EST RIGOLER.

J’ai donc interviewé Zélie, 9 ans & 80 jours, pour en savoir plus.

Voici la retranscription de cette interview.

 

Z : Bonjour j’en ai 5!

G: Ah bah ça tombe bien c’est ma première question. Combien vous avez de copains imaginaires?

Z: J’en ai beaucoup mais les principaux, ils sont cinq.

G : Est-ce que tu peux nous les décrire ?

 Z : l’ami imaginaire secret je vous l’ai dit, c’est (UN SECRET ça ne se révèle pas). Le second c’est une tortue, et les trois autres ce sont les Totally Spies.

G : Ok ! Mais y en avait plein, tu en avais 21 une fois on les avait compté !

Z : 21 ?! Olalala ! Bon bah maintenant vous savez combien j’en ai de principaux.

G : Comment est-ce que tu les choisis tes copains imaginaires ?

Z : Et bin euh ? Comment ça ?

G : Et bien, quand est-ce que tu décides que ton personnage il devient ton ami imaginaire ?

Z : Euh bah ça j’ai pas trop de réponse.

G : D’accord. Alors est-ce qu’ils restent tous avec toi, où est-ce qu’il y en a qui disparaissent ?

Z : Dés fois, quand j’ai envie d’être tranquille, je l’ai mis au pays des copains imaginaires, ou dans le jardin, où dans un endroit où ils me ficheront la paix.

G : Est-ce que tu en as des préférés ?

Z : Euh NON ! Je les aime tous autant.

G : Et est-ce qu’ils ont des rôles différents dans ta vie ? Tu m’as dit qu’ils faisaient des petits spectacles quand tu n’as pas le moral, alors je me demandais s’ils ont des rôles différents ?

Z : C’est vrai que dés fois quand on fait des petits jeux ils ont des rôles différents. Certains vont aux postes de contrôle. Certains vont à la mission, certains restent avec moi.

G : & le poste de contrôle c’est dans le jeu ou c’est dans ta tête ?

Z : Dans le jeu.

G : Est-ce qu’ils viennent partout avec toi ?

Z : Oui ils ont des moyens de transport que je leur ai fait.
Des bateaux, des kartings, des hélicoptères, des avions, tout.

G : & ils te suivent tout le temps ? Ça ne fait pas trop de bruit ?

Z : Non, je l’’ai met en mode silencieux.

G : Est-ce que tu penses que tu garderas tes copains imaginaires quand tu seras adulte ?

Z : Euuuuuuuuuuh. Je ne sais pas faut voir quand je suis adulte, je ne peux pas répondre.

G : Est-ce qu’il y a autre chose que tu peux nous dire sur les copains imaginaires, que nous les adultes on ne peut pas savoir ?

Z : C’est qu’il faut en prendre soin, sinon ils te quittent & ils partent à tout jamais. Il faut être gentil. Voilà quoi.  Il faut faire comme si c’était tes amis ou ton animal de compagnie.

G : Et ils ne se vexent pas quand tu leur dis d’aller dehors, que tu dis que tu n’as pas envie d’être avec eux ?

Z : Oh Non, Non !  Ils comprennent. Eux aussi ils ont des sentiments. Eux aussi dés fois, ils veulent que je leur fiche la paix.

G : Ah dés fois ils n’ont pas envie de jouer avec toi ? Bah comment tu fais quand c’est comme ça ?

Z : Bah, je me débrouille.

G : Et ça arrive que tu joues sans eux, du coup ?

Z : Bah oui. Mais dés fois euh, dés fois, quand on joue tous ensemble, ils chevauchent des dragons

G : Ah bon ! & quand tu joues dans ta chambre, & que tu parles à voix haute, que tu racontes les histoires que tu fais dans tes jeux, tu parles avec tes copains imaginaires où tu parles comme ça, en général ?

Z : Bah pour leur faire comprendre, sans devoir leur dire ce qui doit se passer toutes les 5 minutes et ben je dis un petit peu ce qui va se passer genre : Et quelques mois plus tard, une proie sera à l’affut d’un prédateur. Enfin, sera pourchassée par un prédateur.

G : Tu leur racontes l’histoire de votre jeu en fait ?

Z : un peu

G : D’accord. Et Ben écoutez merci beaucoup pour ces précisions sur les copains imaginaires. Et si tu devais conseiller à un adulte d’avoir un copain imaginaire, comment tu lui conseillerais de faire.
Z : Je lui conseillerai de le faire à son image.
Et de le comprendre et de faire qu’il te comprenne.

G : Ok très bonne conclusion, merci beaucoup Madame Cadeau.