Publié le 31 Août 2018 | 2 commentaires

La PAROLE est d’argent.

Le SILENCE est d’OR.

Je suis RICHE!

Je viens de regarder, je n’ai pas écrit ici depuis le mois de juillet.

Pas que j’ai été atteinte d’une excés de faignantise.

Pas que je n’ai pas bossé.

Juste que je cherchais mes MOTS.

Et finalement quand t’y pense, deux mois pour chercher ses mots, c’est pas beaucoup.

Je cherchais mes MOTS, parce que j’observe régulièrement mes agacements. Enfin, plus globalement, j’observe régulièrement mes émotions. Je les écoute, pour savoir où j’en suis. Parce que la raison, cette vieille fille raisonnable qui n’encourage qu’à la prudence, elle,  je ne l’écoute quasi plus.

Et depuis quelques mois, il y a un truc qui m’agace considérablement sur les reseaux sociaux, ce sont les phrases à l’impératif, et les gens, qui, parce qu’ils vivent quelque chose, pensent que tout le monde doit vivre la même chose, à leur façon.

Suis tes rêves ils connaissent le chemin

OUI, oui vas-y, je te vois commencer à sourire. Et tu as bien raison. Pourquoi ça m’agace autant?

Parce que j’ai fait ça.

& que maintenant, sortie de la tempête que j’ai provoqué, échouée sur la plage de mon île, en sécurité, je me rends compte à quel point c’est agaçant.

Alors je cherche une nouvelle façon de dire les choses.

Qui m’appartiennent.

Dans laquelle tu trouveras peut-être de-ci, delà des MOTS qui font écho chez toi.

Des MOTS, où l’on pourra se rencontrer:

d’humanité à humanité.

Alors j’écris énormément.

Pendant mes vacances, je me réveillais régulièrement à 6h30 du matin pour aller remplir des pages et des pages de textes qui sortaient sans effort. Pas que j’aime le côté auteur inspiré. NON. C’est juste que ces textes, ça fait des mois, des années, une VIE, que je les ai laissé maturer.

Alors quand je pose mon stylo, comme au moment où je me mets à ma table de travail, à l’atelier, il n’y a plus qu’à laisser sortir les idées que j’ai passé des heures et des heures à articuler.

Pour inaugurer cette nouvelle façon de dire, je vais te poster le premier texte qui est sorti ce matin là. Si tu me suis sur Facebook, tu l’as déjà lu. & vu le nombre de partage, je crois pouvoir dire qu’il t’a plu.

Et sans prétention, je peux dire qu’il t’a plu, parce que rien n’y est calculé. Il est juste la traduction de quelque chose que j’ai ressenti fort et que j’ai eu envie de mettre sur le papier. Voici ce texte, je t’explique ensuite pourquoi il est né.

Graine de Carrosse L'enfance

 

[L’ENFANCE]
Il ne faut pas mentir aux enfants,
Même un petit peu.
Même en attendant qu’ils soient grands.
Il ne faut pas mentir aux enfants,
même si c’est plus arrangeant.
Il ne faut pas mentir aux enfants,
Même pour gagner du temps.
Il ne faut pas mentir aux enfants,
& attendre d’eux, qu’ils deviennent des adultes droits et pensants,
en dépit de ce qu’on a dit derrière et devant.
Il ne faut pas mentir aux enfants,
Parce que si la confiance qu’ils ont en nous, empêche qu’ils doutent de ce qu’on leur dit,
Leur capacité à sentir les choses, leur fera saisir les Mots qui ont été omis.
Il ne faut pas mentir aux enfants,
Parce qu’un jour, c’est sûr ils le sauront,
& ca sèmera en eux, une graine de déception.
& ces graines là, font pousser des petits arrangements avec soi-même et des compromissions.
Il ne faut pas mentir aux enfants.
Il ne faut pas mentir aux enfants.
Il ne faut pas mentir aux enfants.
Parce que leur mentir, c’est les empêcher de devenir grands.
C’est tenter de les maintenir , dans un endroit où ils ne sont pas.
Un endroit où on se sert des mots, pour faire dire aux événements ce qui nous arrange, quand on se ment.
Il ne faut pas mentir aux enfants,
Il ne faut pas mentir aux enfants,
Il ne faut pas mentir aux enfants.
Il faut dire aux enfants ce qui est, sans arrière pensées.
Mais Quand même les protéger.
En essayant juste de se mettre côté coeur à leur niveau,
en pesant correctement nos Mots.
Pour ne pas qu’une fois devenus grands,
Ils mentent à leur tour aux enfants.
Il ne faut pas mentir aux enfants,
Il ne faut pas mentir aux enfants,
Il ne faut pas mentir aux enfants.

La Marchande de MOTS
[Récolte d’août 2018]

J’ai ajouté à ce texte, le regard franc et confiant de ma fille. Pour en rajouter une couche à la culpabilité des adultes, qui se permettraient de mentir aux enfants.

Je ne mens pas à ma fille. (Je fais sûrementr d’autres conneries hein!). J’essaye de lui expliquer des choses qu’elle apprend, qu’elle surprend, même dures, mêmes compliquées, avec des MOTS qui lui sont accessibles. J’essaye de lui faire toucher du doigt dés maintenant, que les adultes ne savent pas plus, ou pas mieux qu’elle. Et même que souvent il savent moins, car eux, ont arrêté de chercher & de s’émerveiller.

Ce texte est né d’un repas au restaurant. Derrière nous une table de deux couples avec leurs enfants. Je n’en sais pas plus, je n’ai pas voulu regarder le visage de gens qui pratiquent ce genre de comportement. Nous trois, on passait un bon moment. Mais j’ai un travers qui ne tient pas aux gens avec qui je suis. J’aime les histoires des gens. Alors quel que soit l’endroit, j’écoute ce qu’ils disent de leurs vies. La table derrière nous, était en pleine démonstration d’adultite

-Et alors, quel pays, vous avez FAIT vous? s’interpellaient-ils.

Quand une des Mamans se met à faire croire à son petit garçon, qu’il ne doit pas jeter des cailloux parce que :

-Si regarde, c’est écrit là sur la pancarte! Et elle explique ensuite à ses amis (devant l’enfant, qui est un idiot, c’est bien connu et ne comprend pas ce qu’on se dit entre adultes) qu’elle profite allègrement du fait qu’il ne sait pas encore lire, pour lui mentir. Et elle a fait ça tout le repas.

-Arrête Machin (il ne s’appellait pas Machin, mais vu le prénom, si je te le mets il se pourrait qu’il se reconnaissent vu la rareté), si tu continues le monsieur il va te gronder et il ne t’apportera pas ta glace.

Voilà, et ce texte est né suite à ça.

Parce que ça fait un bien fou de mettre tout ça sur le papier. & de le partager. & de voir que visiblement je ne suis pas la seule à avoir ce genre de pensées.