Posted on 14 Août 2020 | 4 comments

Il y a un tas de choses qui m’ont entraîné à prendre la décision de quitter définitivement la Fonction Publique.

Parmi ce tas de raisons, il y en a une qui totalement basée sur une question de physique.

Pas une question de physique, avec des petits tubes dans lesquels on met des produits bizarres pour faire des expériences.

Non.

Une simple question de s’aimer

quand on se regarde dans le miroir.

J’avais eu quelques alertes, quand une de mes chefs (parfois je n’y crois pas, quand j’écris ce genre de phrase).

UNE DE MES CHEFS! AH AH

Une de mes chefs (devrais-je dire la pire?) était venue, toute fière après la parution d’une photo de nous deux dans le journal, en me disant que ses AMIS (AH BON? elle avait des amis? Première nouvelle) lui avait dit qu’on se ressemblait.

La tête que j’ai du faire quand elle m’a dit ça.

Et la tête que je fais encore à cette idée, 15 ans après.

Je ne suis pas là pour attaquer le physique de qui que ce soit (même pas le mien).

Mais cette personne était devenue physiquement, ce qu’elle était psychologiquement.

& ça n’était pas beau à voir. Ni dedans. Ni dehors.  Je connais plus ou moins son histoire de vie.

& comme à tous les êtres humains,  la vie lui a mis des bâtons dans les roues.

Mais comme tous les êtres humains, elle avait le choix de choisir le côté lumineux.

Choix qu’elle n’a pas fait.

C’est grâce à des gens comme elle, que j’ai réussi à m’extirper de la Fonction Publique.

Parce que ce sytème leur permettait de déverser leur haine d’eux-même sur les autres, sans jamais les sanctionner.

& en leur donnant même une belle médaille à la fin pour les récompenser.

Je l’ai quand même remercié en partant.

Elle et l’autre CHEF, qui te lâchait la porte dans le visage quand elle arrivait avant toi, et prenait ses propres couverts pour ne pas manger avec ceux de la plèbe.

Sans elles, sans leurs mesquineries, leurs petits coups bas incessants,

je me serais encore arrangée longtemps avec moi-même.

Mais c’est un autre sujet.

5 ans après, je n’ai toujours pas avalé d’avoir accepté de supporter ça.

Je suis partie de tout ça, parce que mon corps (cet ami) me disait d’un tas de façons différentes:

Casse toi d’ici!

& parce que je n’aimais vraiment pas ce que je devenais.

Psychologiquement.

Mais cela finissait par se voir physiquement.

On est d’accord que je parle de façon TOTALEMENT subjective. Que ce que je pense de mon physique m’appartient, et que ce que tu en penses t’appartient.

C’est de ça & d’autres choses, dont je veux te parler aujourd’hui.

Quand je suis partie, pour ouvrir mon premier Magasin de MOTS,

Je voulais me sentir à nouveau jolie.

M’aimer à nouveau.

Ne plus croiser cette fille en colère dans les vitrines.

Cette fille au regard dur, qui ne souriait presque plus, ou alors amèrement.

Cette fille en colère.

Contre elle-même, donc contre la terre entière.

Mon objectif en partant, c’était de me faire des rides aussi belles que celle de mon amoureux.

Il a des soleils au coin des yeux.

& ces rides-là, ils se les fabriquent chaque jour avec de la joie.

DONC ma conclusion était la suivante: je pourrais acheter toutes les crèmes Di*r du monde (à crédit pour me récompenser à la fin du mois de ce que je subissais), si je passais mes journées à ruminer et à râler, il y avait de fortes chances pour que je finisse ridée-plissée-fâchée.

C’est donc par pure coquetterie que je suis partie. (Ce n’est pas vrai, mais ça y a grandement contribué).

La première transformation que j’ai décidé d’amorcer, ça a été d’arrêter les colorations.

C’était en 2016.

Une année où j’ai continué d’arrêter de me faire chier, à bien des égards.

J’ai lu le livre de Sophie Fontanelle :

Une apparition

On descendait en vacances en Ardèche. J’ai lu le livre le temps du trajet.

En arrivant, j’étais décidée. Plus de coloration pour moi.

Plus de lino pourri par des tâches de produits colorants.

Plus de racines à surveiller.

& la curiosité de laisser venir ce qui est.

LONG STORY SHORT.

Je dois dire que le chemin déjà parcouru pour créer le Magasin de MOTS, m’a beaucoup aidé pour celui-ci.

Le rapport?

Je n’ai pas laissé la place pour des commentaires sur mon choix.

J’en ai entendu (Les cheveux gris, moi j’aime pas, ça fait triste).

Mais je savais déjà qu’ils appartenaient à ceux qui les faisaient.

& je préfére mon gris qui ne fait pas sans blanc,

qu’une couleur qui cache ce qui se voit de toutes façons.

J’ai fait une énorme erreur, en croyant un coiffeur qui m’a dit qu’il allait me faire des mêches blondes pour faciliter la transition.

& qui m’a aussi coupé les cheveux comme Benjamin Biolay.

J’ai remercié le fait que ce soit l’hiver et que je puisse porter un bonnet.

& j’ai attendu, en sachant que ça aussi, ça s’arrangerait.

& puis je n’ai pas pensé à ce que les gens pouvaient en penser.

J’ai pensé à ma future satisfaction, quand j’aurais un bun gris.

 

& maintenant que j’y suis, je peux dire que c’est le cas:

je m’aime bien comme ça.

 

Parce qu’il y a une autre injonction, que j’ai décidé d’ignorer.

C’est celle de ma mère que j’ai toujours entendu dire, & que j’ai fini par répéter:

Il y a un âge où il faut se couper les cheveux.

C’est faux.

C’est de la merde!

Moi j’avais encore envie d’avoir un chignon.

POINT.

L’année suivante, c’est à propos de mon poid que j’ai décidé de faire quelque chose.

Un chantier à la fois.

En effet, si j’ai surmonté une très grosse de mes peurs en quittant un lieu sécurisé (même si on pourrait en débattre, parce qu’où est la sécurité, quand tu as régulièrement envie de crever en allant travailler?). Je n’avais pas vu qu’il y avait d’autres peurs cachées derrière. & je me suis fait une carapace de protection anti-monde, à base de sucre, de goûters & de pizzas.

Jusqu’au jour où j’ai quasiment atteint les 70 kilos. J’étais à 69,9 kilos. Alors relativisons.

Pour certaines c’est peu. Pour d’autres énorme. Moi je mesure 1,57 mètre.

Je suis rentrée de vacances en 2017. J’avais cette tête là.

J’ai plaisanté avec une amie, en lui envoyant une photo d’un gâteau diabolique en KIT-KAT.

Elle m’a répondu: tu rigoles je viens de perdre 10 kilos.

Elle avait fait le programme Weight Watchers. (Ceci n’est pas un post sponsorisé).

Elle m’a rassurée sur le fait que NON, il n’y avait pas besoin d’aller à des réunions.

Elle m’a expliqué que c’était juste une application où tu joues à compter tes points.

Tu rentres ton poids, ta taille, ton objectif dans l’appli. & l’appli te dit à combien de points par jour tu as droit.

Dans mon cas 23 points par jour, plus un BONUS de 28 points par semaine à dépenser comme tu veux.

Tu as une liste de 200 aliments à zéro point, que tu peux consommer dans la quantité que tu veux.

Je spoile : légumes, fruits, poissons etc.

J’ai décidé de le faire aussi.

En faisant ça, j’ai pris conscience des quantités et du peu de qualité des aliments que j’ingérais.

Par exemple, le premier jour où j’ai compté mes points, à midi j’avais déjà mangé 41 points (3 madeleines au Pti dej’ plus un Mac do à midi) sur les 23 points journalier.

CALCULE.

Et puis sur l’appli Weight Watchers, il y a une communauté. Des vraies filles avec des vrais bourrelets et de la vraie cellulite.

Une vraie souffrance à être dans ce corps, dont on n’a pas vu qu’on était en train de le transformer en bouclier à coup de sucré et de matières grasses saturées

(ça sonne comme un mauvais slogan, mais c’est ce qu’on fait). Les kilos affectifs, ils appellent ça.

Les habits de plus en plus grands, qui n’arrivent plus à cacher ce corps qu’on se met à détester.

Faire le clown sur les photos pour être au moins la petite grosse rigolote.

Le regard qui se détourne du miroir quand tu sors de la douche.

& cette question qui revient à chaque fois, mais comment il fait pour me désirer?

& je tiens à préciser que j’étais la seule à ne pas m’aimer comme ça.

Personne ne m’a jamais rien dit.

Il ne m’a jamais rien dit, sauf qu’il y en avait plus à aimer.

AH si, ma grand-mère de 95 ans me l’a dit.

& des enfants.

Si je poste ça aujourd’hui, ce n’est pas pour avoir ton avis. Ou pour que tu renforces mon ego. Si je poste ça aujourd’hui, c’est parce que moi, ça m’a aidé de voir que d’autres filles comme moi y était arrivées. Que c’était possible de mieux s’aimer. Pour moi ça voulait dire arrêter les colorations & perdre ce poids en trop. Pour toi, c’est peut être totalement par d’autres biais. Ou peut-être que tout va très bien pour toi. Mais si jamais ça se situe au même endroit que moi, je voulais te dire que c’est possible de se réconcilier avec soi.

Avec son âme.

Avec son corps.

Que c’est POSSIBLE de mieux S’AIMER*

Comme pour le reste, c’est une discipline et un travail régulier à fournir, mais ça finit par payer.

& je tiens à te préciser que j’ai perdu 10 kilos en un peu plus d’un an.

J’en ai repris deux.

Reperdu deux.

& tout ça en mangeant une raclette par semaine, pendant tout l’hiver.

Je sais, ça fait rêver.

J’ai remis dans mon emploi du temps ce qui était passé dans la case quand-j’aurai-le-temps. Je l’ai pris, LE TEMPS,  en refaisant une heure de marche et une heure de piscine par semaine.

Je n’ai jamais fini une semaine à zéro.

Je fais avec mes points WW, comme avec mon argent.

Toujours à découvert. Mais j’ai perdu quand même régulièrement.

Environ 600 grammes par semaine.

Ça paraît peu. Mais mis bout à bout, ça a fini par faire moins 10 kilos.

Je voudrais en perdre encore trois, mais c’est long.

Je fais un grand palier.

Mais, maintenant, je sais que je peux y arriver.

Pour le moment, je n’arrive pas à arrêter l’appli WW.

J’ai trop peur (encore elle) de re-glisser. Ça fait trois ans.

Mais sûrement que bientôt, je me ferai assez confiance pour arrêter.

Je te mets donc des photos de moi, dont certaines qui ne me rendent pas fière du tout.

Mais c’est quand même moi.

& je le fais parce que moi, ça m’a aidé de voir le chemin parcouru par le corps d’autres femmes.

& parce que je ne peux pas prendre de photos de mon âme, qui elle aussi à changé.

Pour le MEILLEUR.

En tout cas, je continue à me le souhaiter.

Donc je peux juste te montrer l’extérieur. En imaginant que ce que je travaille à être dedans, finira par se voir un peu dehors.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y a encore du chemin à faire.

Mais je suis certaine d’être sur la bonne route.

Toute seule. sans avoir besoin de me le faire confirmer.

Je n’ai aucun regret.

J’aime être MAINTENANT.

J’ai hâte de vivre la suite.

C’est déjà ça de gagner.

& pour toi?

ça se situe à quel endroit?