Posted on 18 Mai 2019 | 2 comments

VIENS!

Entre.

Bienvenue au Musée du Merveilleux.

Je sais. Ne dis rien. Je sais le chemin que tu as parcouru pour arriver jusqu’ici. Je sais. ça n’était pas gagné mais que veux-tu, le MERVEILLEUX n’est pas forcément facile à dénicher à première vue. Enfin jusqu’ici. Jusqu’à maintenant. Parce que je te promets. Une fois que tu ressortiras de ce musée, tu sauras le dénicher. Tu sauras le trouver, l’identifier. Mettre le doigt dessus. Même dans les plus petites choses. Tu seras alors un expert en Merveilleux. Enfin la vérité, c’est que tu l’es déjà. Tu as juste oublié une partie de ce que tu savais. Ou alors tu sais très bien le voir, le récolter & c’est pour ça que ça t’intéresse de voir ce que j’ai bien pu mettre dans mon Musée.

Alors viens. ENTRE. Je vais te laisser regarder.

On se retrouve à la fin. Au salon de thé du Musée.

Pour boire un thé Earl Grey.

Tu le trouveras facilement, il est près de la

Bibliothèque-Librairie du Musée.

A côté de la BOUTIQUE de SOUVENIRS du Merveilleux.

A tout à l’heure. BONNE VISITE.

& n’oublie pas le guide, vu que LE GUIDE, c’est TOI.

(POUR un FULL EFFECT, comme disent les Anglais, je t’invite à mettre en route cette musique

pendant ta VISITE)

 

CHUUUUUT, tu ne le sais pas, mais je vais te suivre pendant ta visite. Bah ouais. Moi aussi je suis émue que tu sois là, et j’ai envie de ramasser les pépites de MERVEILLEUX que j’espère te voir fabriquer dans tes yeux, pendant la visite. Je te suis derrière les rideaux en velours rouge qui cachent les coulisses du musée. Tu m’as vu GRANDIR, tomber. Hésiter. être sur le point d’abandonner. Tu es venue au Magasin de MOTS. Le premier, & le deuxième. Toi & moi, on n’a pas forcément énormément communiqué, depuis toutes ces années, mais quand j’en ai eu besoin, tu m’as envoyé quelque mots pour me dire de ne rien lâcher. De continuer. Tu m’as dit:

ça me fait du bien ce que tu fais.

& parfois, souvent même, ça suffisait à justifier à mes propres yeux de continuer à m’entêter. Enfin m’entêter, ça c’est ce que je percevais dans les yeux des autres. Parce que d’après moi, ça s’appellait avoir trouvé ce pour quoi tu es fait, & t’y tenir quoi qu’on puisse t’expliquer.

Pérsévérer

persévérer
verbe intransitif
  1. Continuer de faire ce qu’on a résolu, par un acte de volonté renouvelé.
    Persévérer dans l’effort.
    synonymes : insisters’obstiner

Mais bon, on ne va pas se mentir toi & moi. On ne l’a jamais fait. Parfois le DOUTE dans les yeux des autres m’a contaminé. Si bien que je les écoute en souriant maintenant, quand  ils viennent me voir au musée en me disant QU’ILS ONT TOUJOURS CRU en mes idées. Je sais que ce n’est pas VRAI. & je les comprends. Moi même ça m’est arrivé de douter de leur bien-fondé. Je ne leur en veux pas. Enfin si juste un peu, de ne pas l’AVOUER. Mais bon, toi & moi on sait que la raison d’être de ce musée, c’est aussi ça. Cette façon qu’ont la plupart des gens de se CON-former à ce que le rôle qu’ils ont adopté exige d’eux. Alors qu’au fond tout au fond ils ne demandent qu’à s’émerveiller.

JE RIGOLE toute seule.

ATTENDS de voir leur visage photographié

AVANT/APRES la visite du Musée.

Elles seront exposées dans la pièce que j’ai consacré aux VISITEURS du MERVEILLEUX.

En attendant, je souris de voir tes yeux étonnés en entrant dans la première pièce que je t’ai concocté. OUI. Tu as raison, c’est la même artiste qu’au Musée de Nancy. C’était important pour moi qu’elle soit là. Enfin de la citer. Parce que rentrer dans son Infinity Mirror Room était un de mes plaisirs quand je me rendais là-bas. Je dirais presque un de mes seuls plaisir, tant il était rare que j’y trouve d’autres raisons de m’émerveiller. Je ne renie pas la qualité des oeuvres qui y sont présentées hein. Mais bon, parlons peu parlons bien. Si j’ai eu envie de créer ce musée, c’est parce que je ne trouvais pas ce dont j’avais besoin quand j’y allais, la plupart du temps je m’y ennuyais.

Alors oui, je suis d’accord. C’est un peu le Camembert qui dit au Roquefort qu’il pue. Parce que ce que j’ai fabriqué pour TOI,

C’EST un MUSEE.

On y retrouve ses codes et en même temps, rien de ce que tu connais.

Ou plutôt tout ce que tu connais, mais comme tu ne l’avais jamais regardé.

ça peut paraître prétentieux et même je crois que ça l’est. C’est même HYPER risqué de dire ça. Parce que j’imagine que c’est le but de chaque musée qui a été inventé. Emerveiller les gens qui viennent s’y promener?  Faire partager sa passion pour quelque chose, mais clairement, je suis quasiment certaine que tu t’es déjà retrouvée coinçée dans un obscur musée, à périr d’ennui & à envisager toutes les possibilités pour te casser. Bin voilà, c’est ce que je n’aimerais pas qu’il t’arrive ici. Du coup, ce que j’ai essayé de faire c’est de prendre les mêmes codes que dans n’importe quel musée, en les détournant un peu pour te surprendre à chaque fois, t’étonner.

L’origine de ce projet, je te l’ai raconté hier dans cette note de blog là. Du coup, tu comprendras aisément pourquoi certaines salles du Musée du Merveilleux ressemblent à s’y méprendre à celles de la Galerie de Paléontologie du Muséum d’Histoire Naturelle. Sauf qu’ici, quand tu penches ton nez sur les vitrines, ce ne sont pas des oeufs de dinosaures fossilisés (quoi que j’en ai un, parce que si ça n’est pas Merveilleux de se dire que cet oeuf a traversé le temps pour arriver jusqu’ici, je ne  sais pas ce que c’est) et des ammonites, que tu peux observer.

NON, regarde.

OUI, je te vois RIGOLER. & NON tu n’as pas rêvé. C’est bien l’éclat de rire d’un bébé que tu vois dans cette vitrine: matérialisé. OUi, OUI le même que ceux qui donnent naissance aux fées.

& là, juste à côté il y a ce que ça fait de toucher la PEAU de l’être aimé. Un tas de petits OBJETS poétiques qui racontent ces CHOSES, que depuis toutes petites, on veut tellement voir exister.

Des choses comme l’AMOUR, le BONHEUR, la sensation d’être aimée pour ce qu’on est, la sérénité. Tout cela, je l’ai POETOBJECTISER pour toi.

Dans mon ATELIER.

 

Qui se trouve dans les coulisses du Musée du MERVEILLEUX. Mais celui-là, personne à part moi, & quelques privilégiés n’y a accès, & ça ajoute totalement au Merveilleux de ce Musée. Parce que ça me va mieux de travailler comme ça. De ne plus être exposée. Au Magasin de MOTS, j’ai beaucoup aimé te rencontrer. Discuter avec toi. Mais comme tu me lis depuis longtemps, tu sais que moins je vois de monde, mieux je vais. & tu as aussi compris depuis le temps, que ça n’a rien à voir AVEC TOI. Que c’est POUR MOI (contrairement à bien des gens que j’ai longtemps qualifié d’ami(e)s & qui elles, ne l’ont jamais compris). Alors cette nouvelle façon de travailler, grâce à l’existence de ce musée, moi, ça m’a vachement soulagée. D’une part, parce que je ne suis plus obligée de créer pour remplir le Magasin de choses à acheter, pour être sûre de VENDRE & de pouvoir continuer à faire exister mon projet. Maintenant, je fabrique à mon rythme, et le matin quand le Musée est fermé, je vais déposer ce NOUVEAU MORCEAU de MERVEILLEUX, que j’ai récolté, où fabriqué selon les cas, dans les vitrines. Ensuite, je retourne dans mon ATELIER, bricoler mes dernières idées,dans mon silence, pendant que les gens passent le rideau en velour rouge comme tu l’as fait, et s’emparent de ce que je leur ai séléctionné. Enfin sauf aujourd’hui. Mais aujourd’hui est un jour spécial. Parce que tu es là. Malgré tout ce qui pouvait t’en empêcher dans ta vie de tous les jours, entrain de le visiter. & moi je te suis, à pas de loup, cachée, pour pouvoir t’observer pendant que tu découvres mon ( notre) Musée.

Evidement, cette salle la façon dont je l’ai aménagé, ça prend tout son sens, quand tu m’as un peu pratiqué. Il y a SURTOUT des HISTOIRES de gens dans mon musée. Des histoires comme Sophie Calle sauraient en raconter.

Comme Anna Gavalda, saurait mettre en mot le merveilleux de chaque destin humain sans en oublier la partie ombragée.

Des HISTOIRES, qui émerveillent par leur banalité.

Des HISTOIRES, qui nous touchent parce qu’elles nous parlent de nous, de notre humanité.

Alors évidement tu n’es pas dupe. Ces histoires, il y en a de VRAIES belles. Des réelles.

& puis au milieu de ce fatras de vie, il y en a quelques unes que j’ai inventé. Parce que j’avais besoin de les faire exister. Parce que ça m’aide, de faire des métaphores pour expliquer comment je vois le monde, & surtout pour te le communiquer.

& je sais que tu ne m’en veux pas, je n’ai ABSOLUMENT pas distingué les histoires VRAIES, des HISTOIRES inventées dans mon Musée. Parce que ce qui conte/COMPTE, c’est que ça t’ai touché au COEUR & que ça t’ai émerveillé. POINT. Le RESTE, c’est de mon ressort. Tu ne dois pas t’en préoccuper.

Mon musée du MERVEILLEUX, je l’ai voulu sombre. Je l’ai voulu feutré. Je l’ai voulu hors du temps. Pour que tu puisses totalement te laisser bercer. C’est quelque chose que j’ai gardé du Magasin de MOTS. Je ne sais pas du tout comment je l’avais fait, ni pourquoi ça se passait, mais quand tu rentrais là-bas, tu te laissais complétement débordée par le temps d’ICI & tu ne te préoccupais plus du temps d’ailleurs, le temps de l’extérieur. C’est d’ailleurs pour cela, que dans la lettre que tu reçois, quand tu réserves ton entrée au Musée du Merveilleux, je précise qu’il serait bon que tu réserves entièrement ta journée. Pour que tu puisses te laisser embarquer totalement, sans contrainte de temps.

Oui biensûr, parfois j’ai copié. Ici en l’occurence ce coin est inspiré du Musée Bagatti Valsecchi. Dans le livre d’or de ce musée on trouve un mot D’Orhan Pamuk qui dit qu’il y est venu trois fois pour s’en inspirer pour la création de son propre Musée de l’innocence. Le roman & le musée un vrai à Istanbul, dans lequel tu peux entrer.  & si jamais tu ne peux pas y aller tu peux toujours lire le roman:  Le Musée de l’Innocence d’Orhan Pamuk. Qui raconte comment un homme après avoir quitté celle qui l’aimait (oui, oui j’ai fait exprès de l’écrire comme ça), s’est mis à récolter tous les objets qui la concernait.

En parralèle de l’écriture du roman, Orhan Pamuk s’est mis à récolter des objets. & à écrire le catalogue de son futur musée: L’innoncence des objets. Il a commencé en 1990. Sans bien savoir ce qu’il en ferait. En mentant à son entourage. Il savait très bien que les gens essayerait de le décourager, puisque c’est ce qui s’était passé quand il a dit qu’il voulait être écrivain. Donc cette fois, il n’a rien dit. Il a juste commencé sa collection. & visiter son quartier chaque matin dans Istanbul à la recherche du LIEU parfait. Qu’il a fini par trouver. Dans un quartier pourri qui a fini par devenir hyper fréquenté. Tu imagines à quel point j’ai été heureuse de tomber sur les références de ces deux livres, quand j’ai cherché si d’autres Musées du Merveilleux existaient?

 

C’est un truc qui m’a toujours fasciné maintenant que j’y pense. & qui fait que la naissance, l’invention & maintenant l’existence de ce Musée du Merveilleux, comme à deux reprises déjà dans ma vie aupravant,  donne tout son sens à un ensemble de choses qui m’intéressaient de façon disparate & qui se retrouvent comme prisent dans un faisceau avec la naissance du projet de ce lieu. C’est PRODIGIEUX. Il y a d’ailleurs une vitrine dans le musée, qui raconte ce MERVEILLEUX là. Quand tout prend sens & se met en place, sans que tu n’ais rien à forcer. Par exemple, j’ai toujours été fascinée par des livres hybrides qui se présentaient comme des Catalogues d’exposition où on aurait exposé des choses qui ne s’exposent pas. Un de ceux là, est intitulé:

Pièces importantes et effets personnels

de la collection Lenore Doolan et Harold Morris,

comprenant livres, prêt-à-porter et bijoux.

Ce livre raconte le début, le déroulement & la fin d’une histoire d’AMOUR au travers des objets qui l’ont traversé. C’est très clinique. Assez dénué d’affects en apparence, & pourtant ces petits riens matérialisent tout ce que toi & moi, on sait de deux personnes qui se sont aimés follement, et puis ont arrêté.

Je viens de récupérer ce livre à la bibliothèque. Enfin d’envoyer un mail, après avoir eu une bibliothécaire au téléphone pour lui demander de me le réserver. Ce à quoi on m’a répondu de venir directement faire la demande à la Bibliothèque. Je n’invente rien cette fois. (Mes chèr(e)s EX-collègues et leurs façons si simple de procéder).  Toi qui me connait à peu près, et qui sait ce que je fais dans la vie,  tu noteras l’intérêt que la couverture a pu éveiller en moi. Je viens de le commencer et je te dirai ce qu’il en est. Mais je te laisse continuer à découvrir ces petites pièces que je t’ai aménagé. Remplies de choses récoltées au fil du temps, & que je me devais de partager avec toi.Celle en photo ci-dessous est sans doute une de mes préférées. C’est celle qui complète celle dont je t’ai parlé tout à l’heure.

Ma salle à HISTOIRES d’humanité.

La MASTER piece du Musée du MERVEILLEUX. & c’est là, que j’apprécie l’existence des nouvelles technologies. Grâce aux tablettes mises à disposition, tu peux t’allonger dans les canapés rouges en velours, que je t’ai installé. Tu choisis une photo. Celle qui t’inspire, te parle & tu lances l’HISTOIRE qui correspond à la PHOTO qui t’a interpellé. Tu peux déguster. En écouter une. Ou tu peux te faire engloutir dans toutes ces histoires MERVEILLEUSES que je t’ai récolté. Parmi celles-ci, il y en a encore des inventés. Ecrites pas ces auteurs que j’admire. Pour TOI. Avec pour seule intention de te faire voyager dans ton COEUR. Là où tu n’as jamais oublié d’AIMER les autres humains, quoi que tu ais pu verbaliser quand tu étais énervée, ou mal embouchée.

En sortant, tu passeras dans le couloir devant l’entrée de la petite salle de spectacle. Il en fallait une. Je me le suis dit ce matin même, en allant voir Petit être le spectacle de la compagnie La vache Bleue à la Médiathèque avec ma fille. Il y a du MERVEILLEUX VOLATILE que même si c’était possible, je ne voudrais pas l’embouteiller.

C’est celui de la MAGIE d’un spectacle VIVANT.

Qui est MERVEILLEUX parce qu’éphémère, & éphémère donc MERVEILLEUX.

Du coup, je fais venir quand l’envie me prend des EXPLORATEURS du MERVEILLEUX repéré au fil du temps, qui viennent saupoudrer les yeux des petits enfants que nous sommes de MERVEILLEUX tout frais, mais acquis à jamais.

Allez, il est temps de retourner à la réalité!

 

AHAHAH, je t’ai bien eu…Tu crois vraiment que j’allais te laisser repartir comme ça?

HOP  MERCI  aurevoir!!!

Rentrez chez vous maintenant que vous avez bien kiffé? Et bin non. Je t’ai fabriqué une dernière salle qui fera la transition. Cette salle, j’y ai pensé peu de temps après avoir fait émerger le projet du Musée du MERVEILLEUX. Je marchais seule comme j’aime, dans ma forêt préférée. Je suivais le chemin des biches, comme j’aime l’appeller dans ma tête pas tout à fait organisée, parce que c’est un chemin très petit, très fin, presque inexistant qui a dû être tracé par les animaux du bois qui passent par là. J’ai vu le soleil qui jouait avec les feuilles. & le vent qui les faisaient chanter. Le bruit de l’eau qui coulait. & le silence qui m’entourait en même temps. 

& je me suis dit que ça AUSSI, c’était le MERVEILLEUX & que trop de gens en vivaient coupé. Alors  que  c’est GRATUIT.Accessible  et  que c’est une source d’émerveillement inépuisable et encore inépuisée. Alors j’ai pensé cette salle, pas comme un erzatz de nature. Mais plutôt comme un moyen d’y penser. & aussi comme la preuve des MERVEILLES que l’être humain est capable de fabriquer, puisque dans cette salle, la FORET, c’est comme si tu y étais.

& ça fait la transition toute trouvée avec ce que tu vas faire après. Parce que mon Musée, je l’ai volontairement installé au milieu d’une vallée culturellement désaffectée. Un endroit où le chômage et le racisme ont cours. Un endroit qui en avait cruellement besoin, de MERVEILLEUX. Contrairement à la ville d’où je viens, qui ignorait, voir méprisait un peu ce que je proposais. ICI, ça a du sens de faire exister un lieu comme celui que j’ai inventé. Mais c’est LOIN de tout et donc au plus près de NOUS. Du coup, dans le programme du week-end, il y a une nuit dans deux gîtes incroyables au choix, ou le MERVEILLEUX se déploira sous tes yeux époustouflés.

Deux endroits à moi, que je voulais partager avec toi

dans la continuité de mon Musée du Merveilleux.

Tu viens, on va boire un thé Earl Grey?

& tu vas me raconter ton Musée du MERVEILLEUX

à toi, comment il est?

Dans la prochaine note je t’explique comment on va constituer les COLLECTIONS du Musée du Merveilleux ensemble, TOI & MOI.

MERCI de m’avoir lu & de m’avoir consacré tout ce temps. BIEN à toi.