Publié le 28 Août 2016 | 10 commentaires

Bah ouais tu as bien compris. C’est MOI, que j’ai mise en photo. Parce que ma pire ennemie c’est moi. Le pire patron que j’ai eu aussi. Si je suis venue ici c’est parce que tu le sais, je ne mens pas.

Je me mens à MOI, oui parfois mais pas à toi.

Donc c’est peut-être le moment de profiter de toi, de ta présence de ton écoute pour dire les choses que je ne m’avoue pas. & puis aussi, parce que je trouve important qu’on partage encore une fois ce qui peut se passer parfois sur le CHEMIN de nos rêves.

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Je le savais en théorie. Mais si j’habitais en théorie je le saurais. J’habite à Nancy. Depuis deux, trois mois je vais assez mal. Enfin de plus en plus mal. Et comme je vais être honnête avec toi, je vais te dire depuis quasiment un an en fait. Disons qu’après une période d’euphorie, la descendante a été compliquée.

Le Magasin et tout ce qui est découle c’est arrivé trop vite & trop fort pour moi. Au départ, mon projet était de quitter la Fucksion Publique et de prendre deux ans à travailler SEULE dans mon atelier pendant ce temps là. Il y a très peu de temps que j’ai compris que je n’ai pas un grave problème de misanthropie mais que je suis juste INTROVERTIE. Je te l’expliquais dans cette note.  J’insiste un peu sur la question, mais ça vaut toutes les explications. INTROVERTIE ne veut pas dire TIMIDE. Car si tu m’as rencontré, tu sais que ce n’est pas le cas. En tout cas pas la première fois. INTROVERTIE veut simplement dire que j’ai mon propre monde intérieur (comme toi, tu me diras). Qu’il est riche et surtout qu’il me suffit. Non seulement il me suffit, mais il m’est nécessaire comme l’air que je respire. Coupe moi de la possibilité de me retrancher en moi et ça fera comme si tu m’empêchais de respirer tout simplement. Et quand tu ne respires pas, le cerveau s’asphyxie et tu te mets à faire les choses n’importe comment, de façon désordonnée, sans qu’il y ait vraiment de lien entre elle. Donc imagine-moi dans mon métier de bibliothécaire, qui impliquait d’être au contact d’une centaine de personne par jour et ça, entre 3h et 7h par jour!

DONC en créant GRAINE de CARROSSE: Le magasin de MOTS il y avait une chose qui était primordiale pour moi c’était de travailler SEULE. Il n’y avait aucune raison pour que je déroge à ce principe simple. & puis j’ai visité le local du Magasin de MOTS. Je t’avais raconté cette rencontre qui arrive dans ta vie alors que ce n’est pas le moment mais dont tu sais que tu ne peux pas la rater ici. 

A l’époque je faisais partie d’un collectif, le FAT ou j’avais mon atelier.

Atelier Graine de Carrosse 18 rue Lafayette - Maxéville

J’y travaillais SEULE. 10h par jour. 3 jours par semaine. Les autres colocs savaient que quand ma porte était fermée elle devait le rester. Mais je sortais aussi boire un thé et discuter. J’ai passé des HEURES paisibles et solitaires, très heureuses dans cet atelier. Très, très heureuses. Auxquelles je repense avec NOSTALGIE (alors que je déteste ce sentiment en temps normal). Comme ce local n’était que provisoire on avait crée un groupe d’entrepreneurs/artistes sur Facebook qui cherchions des locaux. Dans ce groupe il y avait une pâtissière qui cherchait un endroit où installer son laboratoire de pâtisserie. Quand je suis allée visiter le local du Magasin de MOTS je lui ai proposé de m’accompagner parce qu’il y avait une cuisine et un débarras dont elle aurait pu avoir l’utilité. Ça nous permettait de partager le loyer et d’avoir chacune notre espace de travail. Je ne la connaissais pas. Je l’avais croisé seulement un ou deux fois. (Tu noteras l’intelligence et la pertinence de mes choix. Quelle excellente idée que de s’associer à quelqu’un que tu ne connais pas, sur le projet de toute une vie). J’ai lancé une collecte sur Internet pour avoir les fonds nécessaires à l’ouverture du Magasin de MOTS. Tu trouveras les détails ici.

En même temps, j’ai rencontré Nac’ au F.A.T. Il avait son atelier à côté du mien. Il était enthousiaste à l’idée de la réalisation de ce projet. Il m’a fait voir celui-ci d’une façon encore plus jolie que je ne l’avais envisagé. On a beaucoup, beaucoup, beaucoup parlé. TROP parlé. Mais c’était l’euphorie de notre rencontre. A ce stade là, il n’était pas question qu’il vienne au Magasin de MOTS. Il travaillait dans une boutique de créateurs, avait un tas incroyable de projets et il venait d’emménager au F.A.T à peine un mois avant. Mais c’était évident que ses créations autour des MOTS avaient leur place dans le Magasin de MOTS. On était d’accord tous les deux sur le sujet.

J’étais déjà très inquiète à ce moment là. Mais tout se mélangeait. Le propriétaire du local du Magasin de MOTS est pour le moins particulier. Âgé, menteur, manipulateur, colérique. Si bien qu’après quelques interactions houleuses, j’étais décidé à laissé tomber. Je n’étais pas entrain de quitter un métier où on me traitait comme de la merde, pour me remettre dans une relation comme ça avec un propriétaire. La fille avec qui j’étais censé m’associer, elle n’a rien lâché. Elle a tenu bon. A insisté. Mais très rapidement j’ai vu des trucs inquiétants arriver chez elle. Des mensonges à propos de l’argent. Un refus évident de tenir compte des réalités. PAR CHANCE au moment de signer le bail du Magasin le propriétaire a refusé qu’il y ait deux signataires. Et PAR CHANCE, j’ai écouté mon corps et sa réaction a l’idée que j’aurais pu mettre entre les mains d’une autre le lieu de réalisation de mon projet. C’est donc mon amoureux (la caution) & moi qui avons signé et pris toute la responsabilités.

Petit à petit une fois le bail signé, j’ai vu les choses se mettre à déconner. Des désaccords flagrants sur la façon dont on voulait mener le projet. Sur la façon dont on envisageait d’installer le local. Parfois quand je l’écoutais j’avais la sensation qu’elle allait ouvrir un Salon de thé avec une belle déco autour des MOTS. Ce qui n’était pas tout à fait l’idée. Même s’il était question qu’elle installe un coin Salon de thé (ce qui sur le fond reste un très bonne idée reste à trouver la bonne formule pour le réaliser). J’en parlais beaucoup avec Nac’. Ces discussions interminables et angoissées s’accompagnaient de maux de tête carabinés. Je lui faisais part de mes inquiétudes, et lui me rassurait en me disant que MAIS SI ça ALLAIT ALLER, elle allait  petit à petit s’ajuster au propos du Magasin de MOTS. Son optimisme forcené n’est pas une légende. ET moi je n’avais plus de temps pour moi. J’étais occupée et préoccupée par les préparatifs, l’achat de matériel, la gestion de la collecte, mon travail à côté, ma famille. BREF. Je n’avais plus un espace pour écouter ce que je pensais. Ce que je ressentais.

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Je me suis tapé un TORTICOLIS. Ce qui arrive dans ma vie quand je ne veux pas regarder une situation bien en face. ( T’y crois t’y crois pas, moi j’y crois) Et par chance Nac’ est parti à Paris. Je dis par chance, parce que de cette façon j’ai arrêté de l’écouter lui. J’ai commencé à y voir plus clair & j’ai pris des renseignements concrets sur elle. Auprès de la couveuse d’entreprise qui me suivait et qui la suivait aussi. Tout ce que je peux te dire, c’est qu’en sortant de ce rendez-vous ma décision était prise. Et moi j’avais ouvert les yeux à tel point que je me tapais un orgelet. Il était hors de question que je m’associe à elle. C’était NON, c’était STOP, c’était terminé. En réalité elle avait déjà un plan de secours mais elle m’a laissé jouer le rôle de la méchante qui dit NON. Mais les infos que j’ai eu il y a peu, m’ont confirmé que c’était une très bonne décision à prendre. Très, très bonne décision. 

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Je me retrouvais donc avec un beau Magasin de MOTS. Aucune idée sur le fait que ça va marcher. Avec un loyer et des charges pour plus de 720,00 euros par mois contre un loyer de 120,00 euros auparavant dans mon atelier. J’étais LIBRE. Avec tout ce qu’implique la LIBERTÉ =  joie, bonheur, sentiment d’euphorie décuplé et emmerdes par paquet à gérer. Je me retrouvais aussi avec la porte d’entrée du Magasin qui avait explosé à cause d’un courant d’air pendant que mon propriétaire était entrain de la réparer. Et après avoir assuré qu’il ferait marcher son assurance, il m’a bien sûr entubé. Et c’est moi qui ait du payer tous les frais, heureusement j’étais assurée. Je te le dis pour info une porte en verre simple coûte 1400 euros.

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Voilà, voilà. Imagine ma sérénité.

Nac’ était là, il me soutenait. m’écoutait. Partageait mes doutes. Il est venu au Magasin de MOTS m’aider à le peindre tout l’été. A le préparer. Et petit à petit, l’idée a fait son chemin en lui qu’il aimerait y installer son atelier. L’idée de créer et de vendre sur place lui plaisait. Et cet arrangement était parfait pour nous deux. Car à l’époque, je dois le rappeler, je travaillais encore à mi-temps comme salarié. Avec son atelier sur place, Nac’ pouvait ainsi ouvrir le Magasin de MOTS quand je travaillais. C’était génial pour nous deux. Et c’était génial aussi de partager l’ouverture à deux. Comme Nac’ n’avais pas les moyens de payer la moitié du loyer, mais qu’il pouvait offrir son temps en contre-partie, c’est comme ça qu’on a fait.

Et comme j’avais encore un salaire à côté jusqu’au mois de décembre, j’ai payé le loyer du Magasin avec ce que je vendais grâce à la présence de Nac’. Si je te dis ça, ce n’est pas pour faire genre. C’est pour te rassurer, parce que quand tu te demandes si je vais y arriver sans Nac’ c’est peut-être en partie sur cet aspect que tu es inquiet. Ok je n’ai plus de sale-air à côté, mais les ventes au Magasin ont pas mal augmentées depuis. Ça devrait aller (dit-elle en croisant les doigts dans son dos, même si elle n’est pas superstitieuse).

Mais je vais m’arrêter là, pour le moment parce que tu as sans doute d’autres minous à fouetter. Et il y a encore une année à raconter. Une longue, houleuse, et riche année. Une année de larmes de fou rire, de belles rencontres, et de remarques agacées. Une année que je qualifierais de COMPLIQUÉE. Peut-être la plus compliquée de ma pas si courte vie en fait.

Pourquoi je viens de dire te ça un an après, alors que pendant tout ce temps j’ai pu laisser penser que tout était parfait? C’est que c’est le temps qu’il m’a fallu pour avaler ce que j’avais fait. Pour me pardonner. Mes choix désastreux. Mes partenariats bancals. Les résultats de mon absence d’oxygène. Ma façon d’assurer que MAIS SI C’EST SUPER, ça me convient parfaitement tout ça. Alors que non, ça ne va pas. & en vrai je ne me pardonne pas tout à fait. Je ne suis pas gentille avec moi. & j’ai décidé que ça allait changer. Que c’était bien d’encourager les gens à réaliser leurs rêves afin qu’il soient heureux, mais que la personne la plus importante dans ma vie c’est MOI. Oui je sais je passe mon temps à te le répéter à ton sujet. Je ne te refait pas l’histoire du cordonnier mal chaussé?

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J’ai choisi aujourd’hui de te mettre une photo qui tu en conviendras ne m’avantage pas. Mais j’ai choisi de ne pas faire BONNE FIGURE avec toi. Parce que voilà ce qui arrive quand on ne s’écoute pas. Quand tel un chauffeur de TGV trop large pour la voie,  on se dit MAIS SI ça VA PASSER. ça VA aller. Alors que non, ça ne va pas. J’enchaîne les crises d’angoisses depuis deux semaines. Les crises de larmes depuis une année. Je m’écroule de sommeil à 20h45, et malgré ça je ne suis jamais reposée. Je n’arrête pas de pleurer. Je ne suis plus capable de m’occuper de ma fille correctement, je délaisse mon amoureux qui par chance m’aime et m’attend. RIEN NE VA. Je vois tout en noir. Et je n’ai pas l’intention de rester comme ça. Ce que je veux moi, c’est retrouver ce visage là. Avec des rides en plus. mais des rides de JOIE.

Gaëlle Chauveaux

Je commence à situer ce qu’il faut que je fasse pour aller mieux. Ça m’a pris du temps. Ça implique que j’ai demandé à Julien et Z&lie de me laisser seule chez nous pendant trois jours pour prendre le temps d’écouter mon coeur, mon corps afin de faire le tri dans tout ce que je ressens. Je ne dis pas que c’est gagné, mais je m’approche tout doucement de la solution. La vie d’entrepreneur est source de grandes leçons. La VIE tout court se charge de te les donner. Encore faut-il prendre le temps de les écouter. Parce que si tu le fais pas, elle t’obligera à t’arrêter. Je te rassure je ne ferai rien d’inconsidéré. Le Magasin de MOTS existe et il continuera à exister. Mais comme le Magasin de MOTS c’est moi je vais travailler sur lui comme je travaille sur moi. Je vais faire ce qu’il faut pour aller mieux et retrouver ma sérénité. D’ailleurs je t’ai préparé une boîte qui pourra te servir si tu es dans le même cas que moi. Je te la montre la semaine prochaine.

Porte-toi bien. Prends soin de TOI. Je file m’occuper de moi. De ce pas.

Si tu ne me connais pas, je tiens juste à te dire que ce n’est pas toujours comme ça et que quand je prends le temps de m’écouter je véhicule plutôt de JOLIES IDÉES.

Alors si mes MOTS t’ont touché et si tu veux voir ce que ça donne, une fois que je le mets à m’ écouter, inscris-toi là: